27:97 97 SUR LE DEUTER. CHAP. XL 98 main de Moyse, et par consequent il faut qu'auiourd'huy nostre Seigneur Iesus Christ nous gouverne tellement, que nous recevions par foy tout ce qui nous est declaire en son nom. Voila donc comme la parolle de Dieu aura sa preeminence, et son authorite: c'est quand les hommes ne se gouverneront point a leur appetiit, mais qu'ils escoutteront la voix de Iesus Christ pour s'y assuiettir: qu'il aura sur eux la maistrise qui luy est donnee de Dieu son Pere: qu'ils recevront de luy ce qui leur sera annonce sans exception, et sans contredit, cognoissans que c'est par ce moyen-la que Dieu veut esprouver l'obeissance que nous luy rendons. LE TROISIESME SERMON SUR LE CHAP. XL V. 8-15. DU MARDI 24E DE SEPTEMBRE 1555. Apres que Moyse a exhorte le peuple a garder les commandemens de Dieu, il luy donne courage, en luy mettant les promesses au devant: comme si Dieu declairoit qu'il ne veut point estre servi que le peuple n'ait bon salaire. Comme de faict, Dieu voyant que nous sommes si lasches et tardifs a nous adonner a luy, nous induit a ce faire, en nous promettant que ce ne sera point aussi peine perdue: non pas qu'il soit tenu a ce faire, ou bien qu'il nous vueille tenir comme mercenaires, ou que nous puissions rien desservir, et meriter envers luy: il nous faut oster toutes ces imaginations- la. Dieu desia * est digne que nous venions nous rendre a son obeissance, encores qu'il n'y en eust loyer qui nous fust propose: car nous le devons aimer a cause de luy, et non point pour recompence que nous attendions. Et puis d'autre coste il nous faut avoir une affection franche et liberalle, que nous ne soyons point comme ceux qui ne font rien, que tousiours ils ne voyent leur profit devant eux. Nous devons donc aimer Dieu d'une amour gratuite. Il y a pour le troisiesme, que nous aurons beau faire, nous ne pourrons rien meriter: quand nous aurons fait tout ce que nous pourrons, Dieu n'est point oblige envers nous pourtant. Car nous sommes siens: et que luy pouvonsnous apporter que desia ne luy soit deu de nature? Mais il veut bien s'accommoder a nostre rudesse, en disant, que si nous le servons, il y a le salaire tout prest, et qu'il ne nous faut point craindre que nostre labeur soit inutile quand nous aurons tasche ainsi de l'honorer. Nous voyons maintenant quelle sottise c'est, de vouloir conclurre, d'autant que Dieu promet a ceux qui garderont sa Loy quelque Calvini opera. Vol XXVII,