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DE
IACOB
ET
ESAU.
90
Car
il
y
en
a
eu
deux,
que
desia
Moise
nous
a
recitees.
Si
tost
qu'Abraham
est
arrive
au
pais
de
Chanaan,
il
faut
qu'il
en
sorte:
et
ce
luy
estoit
un
combat
bien
dur,
veu
que
Dieu
luy
avoit
monstre
ceste
terre
la,
et
qu'il
luy
avoit
fait
grand'
feste
de
l'en
mettre
en
possession:
et
puis
il
faut
qu'il
en
soit
chasse,
et
qu'estant
un
povre
vagabond,
il
s'en
aille
en
Egypte,
d'autant
qu'il
ne
trouve
point
de
secours
ailleurs.
La
seconde
fois,
il
s'est
aussi-bien
retire
au
pais
des
Philisthins,
qui
estoit
mesme
de
la
terre
qui
luy
avoit
este
promise,
et
sous
le
Koy
de
Gerar:
non
pas
celui
dont
maintenant
il
est
fait
mention:
mais
tous
se
nommoyent
Abimelech,
qui
signifie
autant
comme
Mon
pere
le
Roy:
et
c'estoit
un
titre
non
seulement
honorable,
mais
pour
exprimer
que
les
Roys
ne
dominoyent
pas
en
tyrannie,
et
ne
gourmandoient
pas
leurs
suiets,
mais
avoient
un
soin
paternel
de
ceux
que
Dieu
leur
avoit
commis
en
charge.
Quand
donc
il
est
dit
que
la
famine
est
avenue
comme
l'autre,
c'est
pour
monstrer
que
tout
ainsi
que
Dieu
avoit
esprouve
la
foy
d'Abraham,
et
sa
constance:
aussi
quil
a
voulu
appeller
le
fils
a
un
examen
pareil.
Car
comme
Isaac
estoit
heritier
de
la
promesse,
aussi
faloit-il
qu'il
succedast
a
son
pere
en
ce
qui
est
propre
aux
enfans
de
Dieu:
car
il
faut
que
nous
monstrions
par
effect
que
nous
prisons
tellement
les
biens
celestes,
auquels
Dieu
nous
appelle,
que
nous
passions
par
ce
monde,
et
que
nous
ne
des
aillions
point,
encores
que
nous
soions
affligez
en
plusieurs
sortes.
Voila
donc
a
quoy
Moise
a
regarde,
quand
il
a
compare
ces
deux
famines:
c'est
pour
monstrer
que
quand
Abraham
a
este
tente,
ce
n'a
pas
esto
seulement
pour
lui:
mais
qu'il
faloit
que
son
fils
lui
ressemblast.
Or
maintenant
nous
sommes
appellez
enfans
d'Abraham
et
d'Isaac:
il
faut
donc
que
nostre
foy
soit
examinee,
selon
qu'il
semblera
bon
a,
Dieu.
Il
est
vray
que
nous
serons
plus
esperdus:
et
c'est
d'autant
que
nous
n'avons
pas
receu
si
ample
mesure
de
vertu.
Voila
pourquoy
Dieu
supporte
nostre
infirmite:
mais
si
est-ce
que
nostre
foy
ne
doit
point
estre
oisive.
Ainsi
donc,
nous
sommes
ici
advertis
par
l'Esprit
de
Dieu,
qu'estans
en
ce
monde,
il
nous
faut
estre
suiets
a
beaucoup
de
miseres,
et
que
nous
n'aurons
pas
un
Paradis
terrestre,
pour
avoir
tous
nos
souhaits,
pour
estre
rassasiez
sans
que
rien
nous
defaille:
mais
qu'il
semblera
souvent
que
Dieu
nous
ait
oubliez,
qu'il
nous
arrache
le
pain
de
la
main,
que
nous
soions
la
comme
s'il
nous
avoit
condamnez
a
perir.
Quand
cela
aviendra,
que
nous
ne
le
trouvions
pas
nouveau,
et
aussi
que
nous
n'y
soions
pas
comme
novices:
mais
que
chacun
de
nous
ait
premedite
ce
qu'il
lui
pourroit
avenir,
et
se
soit
appreste
de
longue
main
a
tout
souffrir
patiemment.
La
promesse
est
bien
donnee
aux
fideles,
Encore
que
les
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