|
58:85
85
DE
IACOB
ET
ESAU.
86
quitte
en
tenant
ses
appetis
bridez,
pour
ne
point
exceder
mesure:
et
puis
il
s'esleve
tousiours
enhaut,
regardant
au
service
de
Dieu,
et
le
preferant
a
ce
qui
est
du
monde.
Apres
s'il
faut
que
celui
qui
estoit
riche,
soit
appovri:
et
bien,
qu'il
aime
mieux
estre
povre,
voire
iusques
a
manger
des
racines,
si
besoin
en
estoit,
que
de
s'aliener
de
Dieu:
et
que
tousiours
il
demeure
la
ferme,
pour
dire,
Puis
que
ie
suis
heritier
du
monde,
ie
me
dois
bien
contenter:
et
maintenant
si
i'ay
faim
et
soif,
si
i'ay
beaucoup
de
disettes
et
de
povretez,
ie
prieray
Dieu
qu'il
me
donne
patience.
Et
voila
aussi
pourquoy
S.
Paul
dit
qu'il
avoit
apprins
en
l'escole
de
nostre
Seigneur
Iesus
Christ
d'avoir
faim
et
d'avoir
abondance:
c'est
a
dire,
quand
il
avoit
dequoy,
il
ne
laissoit
pas
de
se
tenir
en
serre:
et
quand
il
n'avoit
rien,
il
estoit
patient
en
sa
necessite,
il
recouroit
a
Dieu,
et
aimoit
mieux
avoir
beaucoup
de
disettes
selon
le
monde,
que
d'avoir
pour
se
crever,
et
cependant
d'estre
vuide
des
biens
celestes.
Car
il
est
certain
qu'Esau
a
eu
son
ame
ensevelie
en
ce
potage
qu'il
void
la,
il
le
flaire,
il
iette
la
le
groin.
Et
pourquoy?
C'est
pource
qu'il
n'avoit
autre
consideration
que
de
ceste
vie
presente.
Ainsi
donc,
voila
son
ame
qui
est
ensevelie
la
dedans.
Or
nous
pourrons
estre
environnez
de
tous
les
biens
de
ce
monde:
mais
il
ne
faut
point
que
le
flair
nous
alleche
tellement,
que
nous
ne
prisions
les
biens
spirituels
par
dessus,
pour
les
preferer
tousiours.
Voila
donc
en
somme
comme
il
nous
faut
appliquer
ceste
doctrine
a
nostre
usage.
Et
au
reste
notons
bien
ce
qui
est
ici
dit,
que
le
mal
d'Esau
a
este
|
qu'il
n'a
tenu
conte
de
sa
primogeniture.
Et
pour-
j
tant
c'est
signe
que
nous
vilipendons
les
graces
de
j
Dieu,
et
par
maniere
de
dire,
les
iettons
par
terre
et
a
nos
piez,
quand
nous
sommes
par
trop
adonnez
ou
a
ceste
vie,
ou
a
nos
cupiditez,
et
que
nous
ne
pouvons
rien
souffrir
ne
porter:
mais
que
nous
voulons
avoir
tout
ce
qui
nous
est
souhaitable
selon
la
chair.
Quand
donc
nous
voulons
ainsi
retenir
nos
appetis,
il
est
certain
que
nous
vilipendons
l'heritage
celeste.
Car
comment
sera-il
prise
de
nous?
Ce
sera
(comme
i'ay
desia
dit)
quand
le
monde
ne
nous
sera
que
comme
un
accessoire,
et
que
tout
ce
qui
y
est
ira
comme
a
la
queue:
mais
que
l'Evangile,
et
les
promesses
qui
y
sont
contenues,
par
lesquelles
Dieu
nous
testifie,
que
comme
il
nous
a
adoptez,
aussi
il
nous
veut
avoir
a
soy:
que
cela
aille
au
dessus,
et
que
nous
y
soions
ravis.
Et
cependant,
pensons
bien
a
nous.
Car
si
une
fois
le
diable
a
gaigne
ce
point,
que
nous
soions
abrutis
en
nos
voluptez,
il
ne
nous
souviendra
plus
de
rien,
nous
ne
cercherons
sinon
ceste
vie
caduque,
nous
ne
ferons
que
circuir
comme
povres
bestes,
et
n'aurons
nul
but
auquel
nous
tendions,
comme
il
en
est
avenu
a
Esau.
I'ay
desia
dit
que
ces
mots
ne
sont
|