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58:84
et
grande
suite:
aimons
mieux,
di-ie,
de
n'avoir
pas
si
grand
estat,
et
nous
maintenir
en
sobriete,
que
d'estre
riches
et
opulens,
et
cependant
nous
oublier,
et
d'avoir
toute
nostre
resiouissance
ici
bas.
Quand
nous
en
ferons
ainsi,
voila
comme
nous
ensuivrons
l'exemple
de
nostre
pere
Iacob.
Or
i'ay
desia
dit
qu'il
n'est
pas
question
seulement
de
quitter
nos
aises
et
nos
commoditez,
mais
nostre
vie
propre,
quand
il
sera
question.
Car
s'il
faut
pour
rendre
confession
de
nostre
foy,
telle
que
Dieu
la
demande,
et
pour
glorifier
le
Nom
de
nostre
Seigneur
Iesus
Christ,
que
nous
mourions,
et
qu'il
faille
passer
la:
aussi
faut
il
quitter
nostre
vie
mesme
et
tout
ce
qui
en
depend:
et
si
nous
ne
le
faisons,
nous
monstrons
que
nous
ne
savons
que
c'est
d'avoir
gouste
les
biens
spirituels,
que
nous
en
avons
perdu
le
goust,
d'autant
que
le
diable
nous
a
enyvrez
de
ses
poisons,
et
nous
a
ensorcelez
et
rendus
stupides.
Nous
voyons
maintenant
combien
ceste
histoire
nous
est
utile:
car,
outre
ce
que
nous
avons
dit,
Que
Dieu
a
ratifie
son
election,
et
qu'il
a
descouvert
ce
qui
estoit
en
Esau
et
en
Iacob
:
ici
nostre
pere
Iacob
nous
tend
la
main
et
nous
monstre
que
toutes
les
voluptez
de
ce
monde
ne
nous
doivent
rien
estre,
mesme
iusques
a
nostre
nourriture,
quand
il
seroit
question
d'estre
comme
povres
gens
affamez,
que
nous
laissions
plustost
le
boire
et
le
manger,
quand
il
sera
tout
appreste,
que
mesme
le
flair
nous
aura
incite,
que
nous
cuiderons
desia
avoir
les
morceaux
en
la
bouche,
et
les
avaller,
quand
nous
en
serions-la,
neantmoins
que
nous
entrions
en
un
tel
combat
contre
nousmesmes,
que
nous
renoncions
a
nostre
naturel,
et
mesme
a
ce
qui
ne
sera
pas
condamne
du
coste
des
hommes,
s'il
nous
empesche
de
venir
a
Dieu,
s'il
nous
retarde,
ou
nous
enveloppe
ici
bas
en
quelques
corruptions.
Voila
ce
qu'il
nous
faut
faire.
Et
au
reste,
que
nous
avisions
d'un
autre
coste,
de
ne
point
ressembler
a
Esau,
et
ne
point
alleguer
ceci
et
cela,
comme
beaucoup
diront,
O
voila,
si
faut-il
vivre.
Nous
pourrons
avoir
nos
excuses
devant
les
hommes
:
mais
si
faut-il
venir
a
conte
devant
le
grand
Iuge,
lequel
nous
a
declare
qu'il
veut
que
nous
prisions
tellement
le
thresor
de
salut,
qu'il
nous
a
offert
en
l'Evangile,
que
nous
apprenions
de
nous
retirer
de
ce
monde,
et
que
tout
ce
qui
y
est
ne
nous
soit
rien
au
prix.
Or
ceci
se
pratique
en
beaucoup
d'especes
et
de
facons
:
car
quand
un
homme
Chrestien
auroit
dequoy,
s'il
est
sobre
en
son
boire
et
en
son
manger,
et
qu'il
ne
gourmande
pas,
en
sorte
qu'il
en
perde
et
sens
et
memoire,
mais
qu'il
soit
tousiours
dispose
de
rendre
action
de
graces
a
Dieu,
d'executer
la
charge
ou
il
est
appele,
et
de
s'employer
a
ce
qui
est
de
sa
vocation
et
de
son
estat,
si
un
homme
donc
est
ainsi
temperant,
il
ressemble
a
Iacob:
car
il
quitte
le
boire
et
le
manger,
non
pas
qu'il
n'use
des
biens
que
Dieu
lui
a
mis
en
main,
mais
il
les
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