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58:83
CINQUIEME
SERMON
84
l'Ecriture
sainte.
Quand
ie
di,
Que
le
monde
ne
les
empesche
point:
ie
n'enten
pas
seulement
les
cupiditez
meschantes,
comme
d'yvrongnerie,
de
paillardise,
d'avarice
et
choses
semblables:
mais
des
appetis
qui
ne
seront
point
condamnez:
comme
le
boire
et
le
manger
nous
sera
permis
de
Dieu,
mais
si
le
boire
et
le
manger
nous
destourne
que
nous
ne
servions
a
Dieu,
il
faut
alors
nous
forcer
tellement,
que
nos
appetis
soient
domtez.
Or
ceci
s'entendra
mieux
par
l'experience
commune
que
nous
avons.
Voila
un
homme
qui
pourroit
vivre
en
delices
et
en
voluptez,
il
pourroit
avoir
a
manger
son
soul,
voire
et
de
bonnes
viandes,
et
friandes
et
delicates,
et
exquises
:
mais
il
faudroit
qu'il
pendist
sa
conscience
au
croc,
comme
on
dit,
ou
bien
qu'il
profanast
avec
le
monde.
Car
il
y
a
beaucoup
d'estats
qui
seront
proposez
a
plusieurs,
qui
sont
autant
d'allechemens
de
Satan.
La
dessus
ils
penseront,
O,
si
i'estoie
en
tel
estat,
ie
pourroy
e
acquerir
beaucoup
de
biens,
et
puis
ie
seroye
en
grand
honneur,
tout
le
monde
me
feroit
la
cour:
cependant
i'auroye
ma
table
bien
garnie,
i'auroye
dequoy
me
nourrir
a
souhait:
et
mesme
en
ma
vieillesse,
quand
i'auroye
acquis
rentes
et
revenus,
ie
seroye
asseure
de
vivre
bien
a
mon
aise.
Or
ie
n'y
puis
parvenir.
Mais
a
quoy
tient-il?
C'est,
que
ie
ne
le
pourroye
faire
sans
estre
en
grand
danger
de
me
debaucher,
et
mesmes
sans
m'alliener
du
tout
de
Dieu
:
quoy
qu'il
en
soit,
ie
ne
le
pourroye
pas
servir
purement,
comme
il
le
commande.
Or
si
un
homme
est
tente
de
cela,
il
est
certain
qu'il
ressemble
a
Esau,
s'il
choisit
ceste
condition
qui
lui
sera
plus
propre
selon
le
monde,
et
que
cependant
il
quitte
les
moiens
qu'il
a
de
servir
de
Dieu,
et
de
vivre
en
repos
et
en
tranquillite
de
conscience.
Car
il
ne
considere
pas,
Ie
suis
un
homme
fragile,
et
a
grand
peine,
me
puis-ie
retenir
en
la
crainte
de
Dieu,
combien
que
i'y
soye
exhorte
tous
les
iours,
et
mesmes
que
ie
m'y
addonne
et
m'y
efforce,
et
que
sera-ce
quand
ie
n'auray
nulle
Parole
de
Dieu,
que
ie
ne
seray
pas
exhorte
a
faire
mon
devoir,
et
que
ie
seray
entortille
parmi
beaucoup
d'affaires
et
negoces
de
ce
monde?
Si
un
homme
ne
pense
point
a
tout
cela,
et
qu'il
choisisse
bonne
table,
c'est
a
dire
un
estat
par
lequel
il
se
puisse
enrichir
tantost,
il
est
certain
qu'il
ressemblera
a
Esau.
Au
contraire,
quand
nous
penserons,
Or
sus,
il
est
vray
que
nous
pourrions
estre
a
nostre
aise,
si
nous
voulions
quitter
Dieu,
ou
bien
nous
destourner
de
lui,
et
decliner
tant
peu
que
ce
soit
du
bon
chemin.
Mais
quoy?
Le
diable
incontinent
trouvera
des
astuces
nouvelles
pour
nous
debaucher
du
tout,
tellement
que
nous
serons
comme
gens
perdus.
Or
prevenons
un
tel
danger,
et
que
nous
aimions
mieux
avoir
faim
et
soif,
ou
bien
avoir
a
manger
estroittement,
et
n'avoir
pas
grand
pompe
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