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SERMON
LXV.
814
Iudee,
ll
dit
donc
que
toutes
ces
deux
nations,
c'est
a
dire
tous
ceux
qui
pour
lors
estoyent
reputez
la
saincte
Eglise
et
la
saincte
lignee
d'Abraham,
ont
eu
en
abomination
les
vrais
Prophetes
et
les
vrais
disciples
de
Dieu.
Quand
donc
Iesus
Christ
est
apparu,
selon
que
la
doctrine
celeste
a
este
alors
declaree
en
plus
grande
perfection,
il
a
falu
aussi
que
la
rage
du
diable
et
de
tous
les
meschans
se
soit
aiguisee,
qu'il
y
ait
eu
un
feu
allume,
et
qu'on
ait
exerce
une
rage
plus
que
furieuse
contre
les
enfans
de
Dieu
:
et
non
seulement
pour
les
tormenter
et
les
affliger
en
leurs
corps,
mais
pour
les
blasmer,
voire
et
sous
ombre
mesmes
de
l'ordre
et
de
la
police
que
Dieu
avoit
mise
en
son
Eglise.
Oar
l'excommunication
estoit
une
chose
sacree,
d'autant
que
Dieu
a
voulu
que
de
tout
temps
l'Eglise
fust
purgee
de
toutes
ordures,
et
que
ceux
qui
y
commettoyent
des
scandales
et
dissolutions
en
fussent
retranchez,
comme
c'est
bien
raison:
car
les
Payens
mesmes
ont
tousiours
eu
l'excommunication
pour
recommandee.
Ils
avoyent
honte
que
les
meschans
et
ceux
qui
estoyent
souillez
se
veinssent
mesler
parmi
leurs
sacrifices.
C'estoit
une
prophanation
qu'ils
ne
pouvoyent
souffrir.
Si
les
povres
aveugles
ont
observe
une
telle
police,
il
faloit
bien
qu'en
l'Eglise
de
Dieu
il
y
eust
un
tel
ordre.
Or
Iesus
Christ
declare
qu'il
faudra
que
ses
disciples
vienent
iusques
a
ce
combat-la,
et
qu'ils
soyent
reiettez
de
la
synagogue,
qu'on
les
tiene
comme
gens
reprouvez,
et
comme
infects
et
puants.
Nous
voyons
donc
maintenant
en
somme
ce
que
nous
avons
a
retenir
de
ce
passage,
c'est
suyvant
ce
que
nous
avons
allegue
de
sainct
Paul,
que
non
seulement
il
nous
faut
estre
patiens
quand
on
nous
affligera
en
nos
personnes,
que
nous
serons
outragez,
voire
iusques
a
la
vie:
que
non
seulement
il
nous
faut
estre
munis
de
constance
en
ce
cas-la,
mais
aussi
que
quand
nous
serons
blasmez,
qu'on
nous
deschirera
par
pieces,
qu'on
nous
chargera
de
faux
crimes,
il
faut
encores
que
nous
baissions
la
teste,
et
que
nous
attendions
d'un
courage
paisible
que
Dieu
face
reluire
nostre
integrite,
comme
l'aube
du
iour,
ainsi
qu'il
en
est
parle
en
l'autre
passage,
et
que
nous
ensuyvions
Ieremie,
lequel,
quand
il
appelle
Dieu
pour
son
garent,
et
qu'il
scait
qu'il
approuve
sa
cause,
ne
se
soucie
pas
beaucoup
de
tout
ce
que
les
hommes
luy
peuvent
mettre
sus.
Quand
donc
nous
serons
reiettez
yci
bas,
qu'il
nous
suffise
que
Dieu
nous
recognoisse
pour
ses
serviteurs,
et
que
nous
cheminions
tellement
devant
luy,
que
les
opprobres
du
monde
ne
soyent
point
pour
nous
desbaucher,
et
nous
faire
decliner
du
droit
chemin.
Or
ceste
doctrine
nous
est
auiourd'huy
bien
necessaire,
non
seulement
pource
que
la
prattique
en
est
bien
rare,
mais
aussi
pource
que
nous
ne
scaurions
autrement
discerner
que
c'est
de
servir
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