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58:81
81
DE
IACOB
ET
ESAU.
82
par
son
Prophete,
Ie
vous
appelle
alors
a
pleurer
et
k
gemir:
et
si
nous
laschons
la
bride
a
nos
appetis,
c'est
comme
lui
faire
la
guerre
et
le
despiter.
Voila
donc
comme
le
iusne
servira
pour
nous
humilier
devant
Dieu,
et
estre
la
comme
povres
mal-faicteurs,
cognoissans
que
nous
l'avons
offense.
Au
reste,
le
iusne
dont
il
est
ici
fait
mention,
c'est
que
l'homme
s'abstiene
mesme
du
boire
et
du
manger,
si
cela
l'empesche
de
servir
a
Dieu,
et
qu'il
quitte
sa
propre
vie,
plustost
que
de
se
destourner
de
la
volonte
de
Dieu.
Car
(comme
nous
avons
desia
dit)
Iacob
estoit
passible
aussi
bien
que
son
frere
Esau:
ii
est
vray
qu'il
n'avoit
point
tracasso
et
couru
tout
au
long
du
iour
par
les
bois
et
par
les
champs:
il
estoit
a
croupir
en
la
maison,
comme
de
coustume:
mais
si
est-ce
qu'il
avoit
appreste
son
repas:
il
a
faim,
il
a
appetit,
or
quoy
qu'il
en
soit,
il
aime
mieux
s'abstenir,
et
se
captiver,
et
renoncer
a
son
repas,
et
comme
a
sa
propre
vie,
que
de
perdre
ceste
occasion
qu'il
avoit,
que
sa
primogeniture
lui
fust
confermee.
Ainsi
donc
nous
avons
sur
tout
a
faire
ici
comparaison
de
Iacob
avec
Esau,
pour
faire
aussi
nostre
profit
de
l'exhortation
que
nous
avons
alleguee:
c'est
assavoir,
que
nous
ne
soyons
point
profanes.
Or
aucontraire,
il
est
dit
d'Esau,
QuHl
a
manges
il
a
beu,
il
s'est
leve,
et
s1
en
est
alle.
Ce
langage-ci
est
simple
de
prime
face,
mais
il
emporte
beaucoup
:
car
ce
n'est
point
assez
d'avoir
dit
qu'Esau,
sans
penser
plus
outre,
a
vuide
son
escuelle,
et
qu'il
s'en
est
alle:
mais
Moise
dit
qu'il
a
mange,
qu'il
a
beu,
qu'il
a
prins
sa
refection
tout
a
son
aise,
et
qu'il
s'est
tresbien
soule,
comme
si
sa
primogeniture
ne
lui
estoit
rien.
Et
c'est
aussi
la
conclusion
qu'il
met,
Qu'il
a
vilipende
sa
primogeniture.
Mais
avant
que
venir
la,
il
dit
qu'il
a
mange,
qu'il
a
beu,
qu'il
s'est
leve,
et
s'en
est
alle
:
en
quoy
il
monstre
qu'Esau
ne
s'est
estonne
de
rien,
qu'il
a
este
comme
un
chien,
et
qu'il
n'a
fait
que
secourre
l'aureille
apres
avoir
beu
et
mange.
Il
s'en
est
alle
donc,
et
n'a
point
plaide
contre
son
frere:
comme
ceux
qui
se
repentent,
et
qui
se
ravisent
apres
avoir
fait
un
acte
inconsidere:
ils
regarderont,
Helas,
qu'ay-ie
fait?
Que
suis-ie
devenu?
Comment
me
suis-ie
esgare?
Esau
n'a
rien
eu
de
tout
cela:
mais
il
a
laisse
son
frere,
apres
estre
bien
saoul:
il
s'est
leve,
et
ne
s'est
soucie
de
rien.
Or
donc
nous
avons
ici
a
contempler
comme
le
diable,
quand
il
a
pris
possession
d'un
homme,
le
rend
si
stupide,
qu'il
n'a
plus
nulle
doleance
en
soy,
il
n'a
nul
remors
ne
scrupule:
combien
qu'il
se
voye
estre
comme
Calvini
opeva.
Vol.
LVIIL
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