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58:78
lui
face
beaucoup
d'iniures:
ce
lui
est
tout
un,
moiennant
que
ce
thresor
inestimable
lui
soit
reserve:
c'est
que
de
sa
race
viendra
le
salut
du
monde,
et
cependant
qu'il
est
du
nombre
de
la
compagnie
des
enfans
de
Dieu.
Touchant
la
response
d'Esau,
desia
nous
voions
ce
que
dit
l'Apostre,
et
ce
que
nous
avons
aussi
allegue,
qu'il
estoit
homme
profane
du
tout.
Ie
m'en
vay
mourir,
dequoy
me
servira
ma
primogeniture,
dit-il?
En
disant
qu'il
s'en
va
mourir,
et
que
sa
primogeniture
ne
lui
servira
de
rien
:
nous
voions
qu'il
est
tout
hebete
et
estourdi,
et
que
ce
lui
est
tout
un,
moiennant
qu'il
passe
ceste
vie
presente.
Et
voila
aussi
qu'emporte
ce
mot
de
profane:
car
il
est
oppose
au
mot
de
saint.
Qu'est
ce
a
dire
saint?
C'est
que
nous
soions
comme
separez
pour
servir
a
Dieu:
car
tout
ce
monde
ci
est
plein
de
polution
et
d'iniquite,
comme
dit
saint
Paul.
Et
quand
nous
converserons
ici
bas
a
la
facon
commune,
c'est
pour
nous
souiller
en
toutes
ordures.
Or
pour
estre
tenus
enfans
de
Dieu,
il
faut
que
nous
soions
separez,
ainsi
que
S.
Paul
en
parle
au
premier
chapitre
de
la
premiere
aux
Corinthiens.
Il
faut
que
Dieu
nous
recueille
a
soy:
car
si
nous
cheminons
entre
les
espines,
c'est
pour
nous
esgratiner
a
chacune
minute
:
si
nous
marchons
par
la
boue
et
par
la
fange,
ce
sera
pour
nous
souiller.
Il
faut
donc
que
nous
soions
separez.
Or
(comme
i'ay
dit)
le
mot
profane,
s'oppose
et
est
contraire
a
cela.
Que
faut-il
doncques?
C'est
qu'un
homme
se
regarde
bien,
mesme
en
son
corps:
car
tout
ainsi
qu'il
y
a
deux
parties
en
nous,
c'est
assavoir
le
corps
et
l'ame:
aussi
la
vie
spirituelle,
quand
nous
cognoissons
a
quoy
Dieu
nous
a
appelez,
et
a
quoy
il
nous
convie
iournellement:
c'est
que
nous
soions
heritiers
du
Royaume
des
cieux:
voila
qui
est
pour
nous
sanctifier:
comme
il
est
dit,
Purifiez
vous,
voire
vous
tous
qui
portez
les
vaisseaux
du
Seigneur.
Et
saint
Paul
allegant
ce
passage,
dit,
Ayans
donc
telles
promesses,
c'est
que
Dieu
nous
tient
comme
pour
ses
serviteurs
et
enfans,
avisons
de
nous
nettoyer
de
toutes
pollutions,
tant
du
corps
que
de
l'ame.
Or
voila
Esau
qui
n'a
soin
que
de
son
ventre,
et
le
monstre
bien
quand
il
dit,
Ie
m'en
vay
mourir,
et
dequoy
me
servira
ma
primogeniture
?
Voire,
mais
elle
estoit
pour
la
vie
eternelle,
elle
estoit
pour
l'heritage
celeste
:
il
ne
regarde
point
a
tout
cela.
Ainsi
donc
nous
voions
qu'il
a
vescu
comme
un
chien,
ou
comme
un
porceau
qui
a
eu
le
museau,
ou
le
groin
en
l'auge,
et
qu'il
ne
cerche
sinon
pasture.
Voila
donc
le
naturel
d'Esau
qui
nous
est
ici
remonstre
en
ces
mots.
Et
ainsi,
l'exhortation
de
l'Apostre
doit
bien
estre
pratiquee,
quand
il
dit,
Que
nous
ne
soions
pas
profanes,
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