|
27:77
77
SUR
LE
DEUTER.
CHAP.
XI.
78
Voila
en
somme
ce
que
nous
avons
a
retenir,
quand
Moyse
parle
de
l'augmentation
de
l'Eglise.
Car
comme
Dieu
suscite
un
peuple
la
ou
on
ne
voit
rien
:
il
veut
aussi
bien
restaurer
son
Eglise
de
sa
main.
Et
en
somme
l'Escriture
saincte
nous
monstre,
que
d'autant
que
l'Eglise
est
le
royaume
spirituel
de
nostre
Seigneur
Iesus
Christ:
qu'aussi
il
y
veut
besongner
d'une
facon
miraculeuse,
quand
il
est
question
de
le
consermer.
Fions-nous
donc
en
luy,
et
en
toutes
sortes:
ne
doutons
point
que
d'autant
qu'il
a
multiplie
comme
les
estoillez
du
ciel
la
lignee
d'Abraham,
qu'auiourdhuy
il
pourra
bien
faire
le
semblable:
et
pourtant
ne
craignons
point,
quand
il
semblera
que
l'Eglise
doive
estre
abysmee,
que
Dieu
la
saura
bien
remettre
au
dessus.
Et
ceci
principalement
s'accomplit
en
nostre
Seigneur
Iesus
Christ,
comme
l'Escriture
le
monstre.
Car
tout
ce
qui
a
este
devant
sa
venue,
n*a
este
qu'un
ombrage
de
ce
qui
est
auiourd'huy
en
perfection.
Et
ainsi,
regardons
les
estoilles
du
ciel,
quand
il
nous
semblera
que
tout
le
monde
est
desnue
de
fideles,
et
que
tout
est
perdu,
qu'il
n'y
a
que
desolation
:
regardons
les
estoilles
du
ciel,
et
esperons
que
nostre
Dieu
qui
a
une
fois
suscite
une
telle
multitude
de
septante
personnes,
pourra
auiourdhuy
aussi
bien
en
faire
autant
envers
son
Eglise:
et
quand
il
l'aura
fait,
que
cela
nous
soit
comme
un
songe,
et
que
nous
en
soyons
ravis
en
estonnement,
d'autant
qu'il
aura
surmonte
nostre
sens,
et
raison
naturelle.
Or
venons
maintenant
a
la
conclusion
que
fait
Moyse:
Aimez
donc
le
Seigneur
vostre
Dieu:
gardez
sa
Loy,
ses
statuts,
ses
mandemens,
ses
droictures,
ses
ordonnaces,
voire
a
tousiours.
Par
ceci
nous
sommes
admonnestez,
selon
que
nous
aurons
cogneu
la
grace
de
Dieu,
que
nous
devons
estre
tant
plus
enflammez
a
nous
addonner
du
tout
a
son
service:
comme
S.
Paul
ne
trouve
point
d'exhortation
plus
vehemente,
et
qui
ait
plus
grande
vertu,
que
celle-la,
quand
il
dit:
Ie
vous
prie
et
adiure
(mes
freres)
par
les
pitiez
et
misericordes
que
Dieu
a
declairees
envers
vous.
D'autant
que
S.
Paul
voit
que
les
hommes
sont
si
tardifs,
et
lasches,
voire
mesmes
les
fideles
(car
c'est
a
ceux-la
qu'il
adresse
ceste
doctrine)
voyant
donc
que
nous
avons
besoin
d'estre
picquez
souvent,
il
prend
cest
argument
ici,
pour
donner
vivacite
a
son
exhortation
:
Mes
freres,
ie
vous
prie
par
les
misericordes
de
Dieu.
Comme
s'il
disoit:
Quelques
durs
que
vous
soyez,
si
faut-il
que
tant
de
bon
tez
que
Dieu
a
desployees
envers
vous,
ayent
quelque
vertu
pour
vous
esmouvoir,
et
pour
vous
enflammer
vos
coeurs
:
quand
il
n'y
auroit
que
froidure
telle
que
glace,
si
faut-il
que
vous
soyez
esmeus,
et
que
vous
sentiez
comme
vostre
Dieu
s'est
monstre
benin
et
liberal.
Et
ainsi
pratiquons
ceste
sentence
de
S.
Paul
toutes
fois
et
quantes
que
nous
|