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58:76
Qu'Esau
estant
retourne,
demande
a
son
frere
Iacob
qu'il
lui
donne
du
potage
roux
et
de
ceste
rousseur.
Ce
qu'il
dit
est
comme
par
mespris:
et
toutefois
en
cela
nous
voions
qu'il
n'a
point
este
delicat
ne
mene
de
friandise:
mais
il
n'en
peut
plus,
il
est
tant
las
qu'il
ne
sait
qu'il
fait:
et
pourtant
il
ne
demande
que
d'estre
rassasie.
Sur
cela
il
dit,
Donne-moy:
comme
s'il
disoit:
Ce
m'est
tout
un
que
ie
mange,
soit
pain
blanc,
soit
pain
bis,
moyennant
que
ie
puisse
remplir
mon
ventre,
et
fust-ce
mesme
de
glans,
ce
m'est
tout
un.
On
trouveroit
doncques
ici
quelque
couleur
pour
excuser
Esau:
et
semble
que
cela
lui
devoit
bien
estre
pardonne.
Mais
quoy?
Tant
plus
nous
faut-il
voir
en
cela,
que
nos
appetits,
quelques
naturels
qu'ils
soient,
et
licites,
neantmoins
se
doivent
reprimer,
quand
il
est
question
de
la
vie
celeste:
car
alors
il
nous
faut
mettre
bas
toute
consideration,
et
quitter
plustost
cent
fois
la
vie,
que
de
nous
destourner
du
chemin
de
salut.
Ce
n'est
point
donc
assez,
que
les
hommes
s'abstienent
d'actes
qui
soient
du
tout
meschans
et
dissolus,
et
desquels
ils
puissent
avoir
honte:
mais
encor
qu'un
appetit
qu'ils
auront,
leur
soit
permis
de
Dieu,
qui
ne
soit
point
du
tout
a
condamner,
si
faut
il
encore
qu'il
soit
donte,
quand
on
vient
en
comparaison
des
biens
spirituels.
Mais
de
cela
nous
en
traicterons
encore
tantost
plus
au
long.
Cependant
il
a
falu
noter
ce
poinct:
c'est
assavoir,
qu'Esau
n'a
point
cerche
trop
grandes
delices
:
il
void
ce
potage,
duquel
il
est
fait
ici
mention,
et
ne
demande
sinon
d'en
estre
rassasie.
Or
Iacob
lui
demande
sa
primogeniture
en
payement.
S'il
lui
eust
demandee
par
ambition,
et
qu'elle
ne
lui
eust
point
appartenu,
il
est
certain
que
le
marche
estoit
nul.
D'autre
coste,
la
malice
qu'il
eust
eue,
ne
se
pouvoit
nullement
excuser:
et
puis
c'estoit
faire
un
acte
de
volerie
et
de
brigandage,
de
tenir
ainsi
le
gosier
serre
a
son
frere,
pour
dire,
Si
tu
ne
me
quittes
tout
ce
qui
t'appartient,
ie
ne
te
donneray
point
un
morceau
a
manger,
plustost
que
tu
perisses.
Et
ou
seroit-ce
aller?
Mais
Iacob
ne
demande
rien
a
Esau,
sinon
ce
qui
lui
avoit
desia
este
donne:
car
il
est
enseigne,
qu'avant
que
les
deux
enfans
soient
nais,
desia
l'arrest
a
este
prononce
que
Dieu
avoit
declare
qu'il
faloit
que
le
plus
grand
servist
au
moindre.
Iacob
donc,
quant
au
regard
de
Dieu,
possede
desia
par
foy
la
primogeniture:
il
est
vray
que
cela
ne
lui
sert
de
rien
selon
le
monde:
mais
il
est
question
ici
du
iuste
titre,
qu'il
sait
que
Dieu
l'a
constitue
le
premiernay,
et
a
declare
que
la
primogeniture
lui
appartenoit.
Ainsi
donc,
il
ne
ravit
pas
a
Esau
rien
qu'il
ait:
mais
il
redemande
bien
ce
qui
est
sien:
comme
s'il
disoit,
Pource
que
tu
es
sorti
le
premier
du
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