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viande
pour
obtenir
un
bien
spirituel,
qui
valoit
mieux
qu'une
centaine,
voire
un
milion
de
vies.
Voila
en
somme
ce
que
nous
avons
a
retenir
de
ceste
histoire.
Or
il
est
vray
que
de
prime
face
on
pourroit
penser
que
c'est
un
ieu
de
petits
enfans:
car
quel
mal
y
a-il
en
Esau,
apres
qu'il
a
travaille,
et
s'est
donne
beaucoup
de
peine,
mesme
pour
apporter
de
la
venaison
a
son
pere,
s'il
est
las,
s'il
est
affame,
et
qu'il
demande
a
manger?
Il
ne
semble
pas
que
cela
lui
doive
estre
impute
a
vice.
Et
d'autre
part,
quelle
cruaute
diroit
on
avoir
este
en
Iacob,
voiant
son
frere
en
telle
disette,
qu'il
ne
lui
a
secouru,
pour
le
moins
de
la
moitie
de
son
repas?
Car
il
ne
devoit
pas
attendre
que
son
frere
se
plaignist,
et
qu'il
criast
famine,
il
lui
devoit
bien
offrir
liberalement
de
ce
qu'il
avoit
appreste
pour
soy.
Car
s'il
eust
veu
un
estranger
estre
ainsi
indigent,
estre
ainsi
las
et
abbatu,
encore
faloit-il
qu'il
lui
fist
quelque
aumone.
Et
voila
son
propre
frere,
ils
ont
mesme
este
portez
d'une
ventree:
il
le
laisse
la,
et
ne
daigne
pas
lui
donner
une
cuilleree
de
son
potage.
On
diroit
donc
que
Iacob
a
este
par
trop
inhumain.
Et
puis,
a
quel
propos
le
contraint-
il
de
lui
vendre
sa
primogeniture?
Car
il
lui
tient
ici
comme
le
cousteau
sur
la
gorge,
et
nous
savons
mesmes
que
les
contracts
seront
tousiours
rescindez,
quand
il
y
aura
eu
quelque
violence:
si
on
a
fait
quelque
chose
par
contrainte,
ou
qu'on
ait
promis
quelque
chose
a
la
volee,
cela
n'aura
point
de
tenue.
Or
voici
Esau
qui
est
affame,
il
n'en
peut
plus,
il
est
tellement
ravi
qu'il
ne
sait
que
c'est
de
sa
primogeniture.
Ainsi
donc
on
diroit
que
outre
la
cruaute
de
Iacob,
il
y
a
eu
de
Pinconsideration
trop
lourde:
et
quand
il
contracte,
quelque
serment
qui
y
ait
este
interpose,
cela
ne
doit
nullement
tenir,
selon
equite
et
raison
:
et
mesme
ceci
n'est
pas
recite
pour
redarguer
Iacob,
qu'il
ait
commis
nulle
faute
ne
qu'il
ait
offence
ni
Dieu
ne
son
frere:
mais
a
l'opposite,
le
saint
Esprit
lui
donne
ici
tesmoignage,
qu'il
nous
monstre
le
chemin
de
cercher
les
choses
celestes
et
le
Royaume
de
Dieu
en
premier
lieu,
et
de
renoncer
a
nos
appetits,
ou
bien
de
les
captiver
en
telle
sorte,
qu'ils
ne
nous
empeschent
pas
que
nous
ne
regardions
tousiours
au
principal.
Et
a
l'opposite,
l'exemple
d'Esau
nous
est
propose
(comme
l'Apostre
le
remonstre)
afin
que
nous
ne
soyons
point
profanes
comme
lui,
c'est
a
dire
que
nous
ne
soyons
point
adonnez
a
la
terre:
mais
que
nous
pensions
que
c'est
de
la
vie
eternelle
qui
nous
est
promise.
Ainsi
donc,
il
ne
nous
faut
point
iuger
de
ceste
histoire
selon
nostre
opinion
naturelle:
mais
nous
avons
a
noter
a
quelle
fin
et
intention
elle
nous
est
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