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DE
IACOB
ET
ESAU.
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faux
pas
pour
les
faire
trebucher
si
lourdement,
que
chacun
en
aura
honte.
Et
ainsi,
apprenons
encore
qu'en
general
nostre
Seigneur
nous
ait
formez
et
faconnez
par
son
saint
Esprit,
tellement
que
chacun
nous
ait
en
admiration,
qu'en
particulier
nous
pourrons
trebucher.
Ainsi
soions
tousiours
sur
nos
gardes,
et
au
reste,
ceux
qui
sont
les
plus
excellens,
quand
il
leur
adviendra
de
faillir
en
quelque
endroit,
qu'ils
ne
facent
point
bouclier
de
ce
qu'ils
ont
fait
tant
de
bons
actes,
et
dignes
de
louanges:
qu'ils
n'alleguent
point
leurs
prouesses
(comme
on
dit)
mais
qu'ils
se
recognoissent
tels
qu'ils
sont,
pour
dire.
Et
bien
tant
y
a
que
Dieu
a
voulu
que
ie
me
recognoisse
estre
homme
fragile:
et
mesme
que
ie
recognoisse
en
general
que
ce
ne
sont
pas
les
hommes,
qui
se
maintienent:
car
il
ne
faut
qu'une
seule
faute
pour
nous
faire
retrencher
de
l'eglise.
Et
quand
Dieu
nous
aura
abandonnez,
que
sera-ce?
Ainsi,
que
nous
aprenions
toutes
ces
choses
en
la
personne
de
nostre
pere
Isaac,
quand
nous
voions
qu'il
a
este
ainsi
esblouy,
et
qu'il
ne
s'est
point
souvenu
qu'il
estoit
comme
rebelle
a
Dieu,
en
prisant
ce
que
Dieu
avoit
reiette,
et
en
desdaignant
son
fils
puisnay,
auquel
toutefois
Dieu
avoit
assigne
ce
tesmoignage-
la,
Qu'il
faloit
qu'il
dominast
en
la
maison.
Or
cependant,
combien
que
Rebecca
ait
este
bien
reglee
en
son
affection,
et
qu'elle
ait
cerche
d'obeir
a
Dieu:
toutefois
il
ne
s'est
peu
faire
qu'il
n'y
ait
eu
quelque
pique
entre
eux:
ainsi
qu'il
en
avient
tousiours,
et
c'est
ce
que
Moise
dit,
Qu'Isaac
aimoit
Esau,
et
que
Rebecca
aimoit
Iacob
:
et
quand
il
parle
ainsi,
c'est
comme
s'il
monstroit
qu'il
y
a
eu
un
combat
en
la
maison,
et
qu'ils
n'ont
peu
s'accorder
ensemble,
pour
dire
que
le
mari
et
la
femme
aimassent
egalement
leurs
enfans,
comme
ils
y
devoient
estre
enclins
de
nature:
ou
bien
qu'ils
cogneussent
que
la
volonte
de
Dieu
estoit
d'aimer
le
plus
ieune.
Or
nous
sommes
advertis
en
cest
endroit,
encores
que
nos
affections
soient
bien
fondees
et
qu'elles
se
rapportent
a
bonne
fin:
toutefois
il
y
a
des
traverses
tousiours,
qui
sont
vicieuses.
Exemple,
Ie
cercheray
de
suivre
Dieu,
et
de
me
conformer
pleinement
a
sa
volonte:
or
il
y
aura
des
contredits,
et
il
faudra
que
i'acquiere
mauvaise
grace
envers
l'un,
que
ie
me
face
ennemi
de
l'autre,
pour
m'acquiter
de
mon
devoir.
Ainsi,
il
est
vray
que
le
commencement
sera
bon,
quand
ie
desireray
de
bienfaire,
et
que
ie
regarderay
a
Dieu:
mais
tous
les
coups
si
nous
adviendra-il
qu'en
nostre
bon
zele
encores
nous
serons
excessifs,
et
qu'il
y
aura
de
nos
passions
charnelles.
Bref,
ceux
qui
seront
les
mieux
reglez,
et
qui
auront
la
plus
grande
perfection,
il
est
certain
qu'encore
passeront-ils
mesure
en
cest
endroit
et
qu'ils
se
monstreront
hommes
:
et
tant
plus
devons
tenir
nos
passions
pour
suspectes:
et
encore
que
nous
voyons
que
la
fin
n'est
pas
bonne,
nous
ne
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