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DE
LA
PROPHETIE
DE
CHRIST.
674
sion
de
sa
iustice,
de
laquelle
auparavant
nous
estions
bien
loin.
Voyla
donc
Dieu
qui
fera
bien
qu'on
presche
l'Evangile:
mais
ce
n'est
point
assez:
nous
n'y
cognoistrons
que
le
haut
allemand
(comme
on
dit)
iusques
a
ce
que
nous
soyons
touchez
au
dedans
par
son
sainct
Esprit:
(voyla
dont
procede
la
foy)
et
alors
nous
sommes
bons
et
vrais
disciples
de
Iesus
Christ,
pour
sentir
le
fruit
de
ceste
doctrine.
C'est
ce
qui
nous
est
yci
monstre
par
le
Prophete.
Or
il
parle
encores
derechef
de
ce
que
Iesus
Christ
a
porte
les
pechez,
pour
monstrer
que
la
satisfaction
est
en
luy,
et
que
nos
pechez
seroyent
une
charge
pour
nous
abysmer
iusques
au
profond
d'enfer,
n'estoit
que
nous
en
fussions
soulagez
par
nostre
Seigneur
Iesus
Christ.
Car
qu'emporte
le
peche,
sinon
l'ire
de
Dieu?
Si
seulement
Dieu
leve
le
doigt,
c'est
pour
destruire
et
ruiner
tout
le
monde:
comme
il
est
dit
qu'a
son
seul
souffle
les
rochers
descoulent,
les
montagnes
sont
fondues,
et
qu'elles
s'escoulent
comme
cire.
Si
donc
Dieu
donne
le
moindre
signe
de
sa
fureur
et
de
son
ire,
il
n'y
a
rien
si
ferme
au
monde
qui
ne
s'escoule:
et
que
sera-ce
de
nous,
qui
sommes
creatures
tant
fragiles,
quand
Dieu
nous
monstrera
une
face
rigoureuse
de
Iuge,
et
qu'il
nous
appellera
a
conte?
Ii
ne
faudra
point
que
nous
oyons
la
voix
de
sa
bouche,
mais
seulement
le
signe
qu'il
donnera
pour
nous
adiourner,
sera
un
abysme
pour
nous
engloutir.
Ainsi
donc
il
faut
bien
que
nos
pechez
nous
soyent
un
fardeau
insupportable.
Or
il
y
en
a
une
infinite
en
nous,
et
nous
n'avons
pas
les
espaules
pour
les
soustenir,
et
pour
subsister
au
dessous.
Mais
quant
a
Iesus
Christ,
combien
qu'il
ait
souffert
en
l'infirmite
de
sa
chair,
il
a
tousiours
este
soustenu
de
la
vertu
de
l'Esprit
qui
luy
a
este
donne.
Et
voyla
comme
il
a
fait
ses
triomphes
mesmes
sur
la
croix,
comme
sainct
Paul
en
parle
aux
Colossiens.
Ainsi
donc
il
nous
faut
tousiours
revenir
a
ce
que
dit
le
Prophete:
comme
aussi
sainct
Pierre
en
est
bon
expositeur
en
sa
premiere
Canonique,
disant
que
sur
le
bois
il
a
porte
nos
pechez.
Il
est
vray
que
ce
n'a
pas
este
la
vertu
du
bois
qui
a
aide
nostre
Seigneur
Iesus
Christ
a
porter
nos
pechez:
mais
il
dit
qu'il
les
a
porte
au
bois,
d'autant
qu'estant
crucifie
il
a
este
comme
maudit
de
Dieu,
et
a
receu
toute
la
malediction
en
laquelle
nous
eussions
este
plongez.
Il
a
donc
receu
tout
cela
afin
de
nous
en
faire
sentir
le
fruit,
et
nous
faire
iouir
de
la
victoire,
de
laquelle
auiourd'huy
il
nous
a
fait
participans.
Ainsi
donc
si
nous
sommes
chargez
en
nous,
venons
a
Iesus
Christ,
afin
d'estre
allegez:
et
recognoissons
le
moyen,
ascavoir
que
c'est
d'autant
que
nous
sommes
acquittez
par
luy
de
toutes
nos
dettes,
tellement
qu'il
ne
faut
plus
imaginer
que
nous
puissions
apporter
aucune
satis-
Calvim
opera.
Vol
XXXV.
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