35:671 671 S E R M O N S 672 (dit; S. Paul) vous prians que vous soyez reconciliez a Dieu. S. Paul met la double reconciliation. L'une est, celle qui a este faite en la personne de nostre Seigneur Iesus Christ, quand il a este sacrifie pour nous. L'autre est celle que nous obtenons chaque iour par foy, quand Dieu nous declare que si nous l'avons irrite, il est tousiours prest d'oublier toutes nos fautes, et les mettre sous le pied, moyennant que nous acceptions le bien qu'il nous offre. Ainsi donc apprenons de priser la cognoissance de l'Evangile mieux que nous ne faisons pas: et cognoissons que c'est pour nous faire participans de la mort et passion de nostre Seigneur Iesus Christ. Car nous sommes entez en son corps, nous sommes faits ses membres, et tout ce qu'il ha nous est fait commun et nous est approprie par l'Evangile: et voyla aussi pourquoy S. Paul dit que l'Evangile est la puissance de Dieu en salut a tous croyans: monstrant par cela, que si nous refusons d'estre sauvez par l'Evangile, c'est autant comme si nous reiettions le salut que Dieu nous a voulu acquerir en la personne de son Fils, et auquel iournellement il nous convie et nous exhorte. Voyla en somme ce que nous avons a observer. Or d'autant plus devons-nous priser l'Evangile, quand nous voyons qu'en la Papaute ceci a este obscurci, voire du tout efface, tellement que les povres ames demeurent tousiours affamees, Car combien qu'on presche tellement quellement, si est-ce qu'on laisse tousiours les povres gens en doute, et en scrupule : iamais on n'est certifie que Dieu soit propice. Et mesmes les Papistes disent que ce seroit presomption si nous estions asseurez de l'amour de Dieu, et qu'il nous en faut avoir seulement quelque coniecture. Mais c'est aneantir le fruit de la mort et passion de nostre Seigneur Iesus Christ. Apprenons donc de tellement profiter en l'Evangile, que nous soyons certifiez que Dieu nous aime, et qu'il nous accepte pour ses propres enfans. Et pourtant (comme i'ay desia dit), prisons et magnifions tant plus ceste grace-la, quand nous voyons que la pluspart du monde en est ainsi eslongnee. Or il reste aussi ce que le Prophete adiouste, qu'il a mis son ame pour plusieurs. En quoy il signifie que nous ne sommes pas iustifiez par foy, en ayant quelque imagination vaine pour croire seulement qu'il y a un Dieu, et scavoir en confus et d'une apprehension generale que Iesus Christ a souffert mort et passion: mais que c'est d'autant que par foy nous sommes faits participans du sacrifice qui a este offert afin que Dieu nous fust favorable, et ne nous imputast plus nos fautes et iniquitez. Les Papistes sont si lourds et abbrutis que quand ils veulent monstrer que nous ne sommes pas iustifiez par la seule foy, ils arguent,