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SERMON
LXXIII.
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ennemi
mortel:
abstenons-nous
de
toute
iniure,
de
toute
extorsion
et
excez,
de
toute
fraude
et
malice
envers
ceux
qui
sont
ainsi
destituez
quant
au
monde,
qui
sont
desprouveus
de
moyens,
qui
sont
comme
exposez
en
proye,
ainsi
que
nous
avons
dit:
que
nous
ne
les
opprimions
point,
d'autant
que
Dieu
s'y
oppose,
et
qu'il
declaire
qu'il
sera
tousiours
leur
bouclier.
Voila
le
premier
fruict
que
nous
avons
a
recueillir
de
ceste
doctrine
qui
a
este
donnee
anciennement
aux
Iuifs
:
afin
que
si
nous
ne
craignons
point
la
vengeance
des
hommes,
que
nous
craignions
pour
le
moins
la
sentence
que
Dieu
prononce:
c'est
qu'il
ne
souffrira
point
que
les
povres
gens
ayent
este
molestez
a
tort,
qu'il
ne
se
declaire
de
leur
partie,
et
qu'il
ne
monstre
qu'il
a
prins
leur
cause
en
main
:
comme
il
est
dit
:
Qu'il
fera
droict.
Il
ne
dit
pas
seulement
qu'il
aime,
ou
qu'il
en
a
pitie:
mais
il
dit
qu'il
leur
fera
droict.
Si
donc
nous
voyons
que
les
Iuges
terriens
ne
facent
que
se
mocquer
des
povres
gens,
quand
ils
viennent
au
refuge
a
eux,
et
qu'ils
s'en
bavent
au
lieu
de
les
secourir:
cognoissons
qu'il
leur
faudra
venir
devant
le
Iuge
celeste,
qui
punira
bien,
et
ceux
ausquels
il
avoit
donne
commission
de
conserver
les
povres
gens,
et
puis
ceux
qui
se
sont
fiez
en
ceste
licence
qu'ils
avoyent
au
monde,
et
qui
se
sont
plus
addonnez
a
mal-faire,
quand
ils
ont
veu
que
cela
demeuroit
impuni.
Dieu
donc
regarde,
et
dissimule
pour
un
temps:
que
si
on
offense
les
povres
gens,
soyent
vefves,
soyent
orphelins,
soyent
estrangers:
il
est
vray
que
du
premier
coup
il
ne
se
dressera
pas,
mais
apres
qu'il
aura
bien
endure,
si
faut-il
qu'il
mette
la
main
sur
tous
ceux
qui
se
seront
ainsi
desbordez
a
faire
outrage
aux
foibles,
et
aux
petis,
et
sur
tout
ceux
qui
n'auront
point
fait
leur
office
quand
ils
estoyent
en
authorite
de
iustice,
ceux
qui
n'ont
point
secouru
les
povres
gens
quand
ils
estoyent
oppressez:
il
faut
que
Dieu
y
remedie,
et
qu'il
monstre
qu'ils
ont
este
lasches,
et
qu'il
s'addresse
aussi
bien
a
eux,
comme
a
ceux
qui
ont
corrompu
la
iustice,
quand
elle
leur
estoit
mise
en
main.
Voila
ce
que
Moyse
a
entendu,
en
disant
que
Dieu
fait
droict
a
ceux
qui
sont
foullez
iniustement,
et
ausquels
on
n'a
point
esgard
quant
au
monde.
Cependant
nous
avons
aussi
a
recevoir
une
grande
consolation
de
ce
passage:
que
si
nous
sommes
desprouveus
des
moyens
humains,
voici
nostre
Dieu
qui
nous
recoit,
et
mesmes
il
n'attend
pas
que
nous
venions
a
luy:
mais
il
prononce
qu'il
est
nostre
sauvegarde,
et
qu'il
veut
estre
nostre
tuteur.
Or
maintenant
si
les
povres
gens
sont
iniuriez,
et
qu'on
leur
face
beaucoup
d'exces,
et
qu'ils
soyent
quasi
foulez
au
pied:
n'ont-ils
pas
bien
dequoy
se
contenter,
sachans
que
Dieu
les
regarde
en
pitie,
et
qu'en
la
fin
ii
desployera
sa
main
forte
pour
les
secourir?
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