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un
povre
orphelin,
une
vefve,
ou
un
estranger,
que
nous
ne
ferions
point
d'avoir
offense
ceux
qui
sont
les
mieux
apparentez,
et
qui
ont
les
moyens
de
se
revenger
selon
le
monde.
Mais
quoy?
nostre
incredulite
se
declaire
en
cest
endroict:
que
si
un
homme
est
riche
et
puissant,
s'il
est
bien
appuye,
nous
n'osons
pas
luy
resister:
et
encores
qu'il
nous
ait
fait
quelque
iniure,
si
est-ce
que
nous
humons
cela
tout
doucement,
et
n'osons
pas
nous
en
plaindre,
tant
s'en
faut
que
nous
ayons
le
bras
leve
pour
ruer
dessus:
mais
nous
n'attendons
pas
qu'un
povre
homme
nous
face
tort
et
violence,
nous
sommes
la
les
premiers
aggresseurs.
Et
pourquoy?
Car
nous
ne
craignons
point
qu'ils
nous
rendent
la
pareille,
ils
n'oseroyent
gronder
:
et
s'ils
attentent,
nous
les
pouvons
rembarrer:
et
qui
estu?
Il
n'obtiendra
nul
droict
en
la
iustice.
Et
puis
s'il
est
la,
encores
a-il
moins
de
moyen.
Nous
craindrons
donc
les
hommes
quand
ils
seront
armez
de
quelque
pouvoir:
mais
cependant
nous
ne
craignons
point
Dieu,
lequel
se
declaire
estre
le
protecteur
des
povres
gens
qui
sont
destituez
de
toute
aide.
Si
nous
adioustions
foy
a
l'Escriture
saincte,
il
est
certain
que
ceste
seule
sentence
de
Moyse
seroit
pour
nous
estonner
beaucoup
plus
que
toutes
les
considerations
mondaines
que
nous
pourrions
avoir.
Au
contraire,
quand
nous
sommes
si
hardis
de
tourmenter
les
povres
gens,
c'est
signe
que
nous
ne
croyons
rien
de
tout
ce
qui
est
contenu
en
l'Escriture
saincte,
et
que
nous
sommes
pires
que
Payens.
Et
toutesfois
ceste
facon-la
est
commune
au
monde.
Mais
par
cela
voit-on
que
l'infidelite
est
comme
un
deluge
qui
occupe
auiourd'huy
toute
la
terre.
Vray
est
que
c'est
une
chose
horrible:
mais
si
est-ce
que
cela
est,
et
ne
le
peut-on
pas
nier.
Que
fautil
donc?
Regardons
a
nous:
car
si
les
armoiries
d'une
republique,
ou
d'un
Prince
sont
en
une
maison,
ou
en
une
terre,
on
n'osera
pas
y
attenter:
car
ce
seroit
violer
la
sauvegarde,
ce
ne
seroit
pas
mesmes
une
offense
privee.
Or
voici
Dieu
qui
met
ses
armoiries
sur
les
vefves,
sur
les
orphelins,
et
sur
les
estrangers,
et
dit
qu'il
les
a
receus
en
sa
protection:
et
on
s'ira
ruer
la
dessus
pour
les
molester,
et
leur
faire
tous
outrages,
n'est-ce
point
despitter
tout
manifestement
Dieu,
et
le
desfier
pour
luy
faire
la
guerre?
Il
est
vray
que
nous
ne
l'estimerons
pas:
mais
si
est-ce
que
Dieu
ne
se
remettra
point
aussi
a
nostre
vaine
opinion
et
phantasie.
Quoy
qu'il
en
soit
notons
bien,
que
si
les
vefves
sont
reiettees
du
monde,
si
les
orphelins
sont
comme
exposez
en
proye,
si
les
povres
estrangers
sont
mocquez
et
foullez
au
pied:
qu'ils
ne
laissent
pas
d'estre
prisez
de
Dieu,
et
que
c'est
la
ou
il
a
ses
yeux
iettez,
et
qu'il
les
veut
maintenir.
Et
pour
ceste
cause
si
nous
ne
voulons
avoir
Dieu
pour
nostre
partie
adverse,
qu'il
se
declaire
nostro
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