35:637 637 DE LA PROPHETIE DE CHRIST. 638 occasion d'estre absous, pource qu'il faloit bien qu'il fust condamne en nostre nom. Ce n'est point donc sans cause que le Prophete dit, qu'il a este comme un muet: et l'accompare a un mouton, ou a un agneau^ regardant a la figure des sacrifices anciens, car quand on nous parle de la mort et passion de nostre Seigneur Iesus Christ, il nous la faut prendre comme un sacrifice par lequel Dieu a este appaise, d'autant que les pechez (comme nous avons monstre par ci devant) ne se peuvent abolir devant Dieu que par tel moyen. Et de faict, quand sous la Loy les hommes ont voulu demander pardon de leurs fautes, il a falu tousiours que le sacrifice fust adiouste. Ils ne pouvoyent apporter aucune recompense: mais Dieu leur a declare que c'estoit assez qu'ils se fondassent sur la promesse qui leur estoit donnee du Redempteur. Ainsi donc afin que les Iuifs cognussent que Iesus Christ devoit accomplir tout ce qui estoit pour lors figure en la Loy, notamment ce nom d'Agneau luy est attribue, et sous une espece le Prophete a comprins le tout: comme s'il disoit que Iesus Christ en sa mort et passion, premierement aboliroit toutes nos iniquitez, d'autant qu'il s'as suie tiroit a la volonte de Dieu son Pere: et puis en second lieu qu'il seroit sacrifie comme un agneau, afin que par l'effusion de son sang, toutes nos macules fussent lavees et nettoyees. Or maintenant quand nous serons redarguez de tant de fautes que nous commettons, et qu'il nous faudra sentir l'ire de Dieu, que nous ayons nostre recours a ce qui nous est yci propose: c'est ascavoir que nostre Seigneur Iesus Christ non sans cause n'a point voulu replicquer, combien que les afflictions qu'il enduroit fussent extremes, et combien que Dieu desployast sur luy toute rigueur, neantmoins paisiblement il a souffert le tout, afin qu'en ceste obeissance la nous fussions reconciliez. Cependant nous sommes aussi exhortez a nous conformer a son exemple: non pas que nous puissions en toute perfection nous humilier devant Dieu, mais si est-ce qu'il nous y faut efforcer. Ie dis quand il plaira a Dieu de nous chastier, et que nous sentirons grande rudesse en sa main, qu'il nous semblera que nous serons par trop pressez, qu'il faut neantmoins que nous facions silence, et que nous confessions que Dieu est iuste et equitable, et qu'on n'oye nul murmure en nostre bouche: mais plustost que nous glorifions Dieu en nous taisant: voire comme povres pecheurs qui sont convaincus de leurs forfaits et qui n'ont nulle replicque. Voyla donc comme S. Pierre applicque ce passage: c'est que quand nous serons affligez de la main ae Dieu, voire mesme persecutez de la main des hommes, nous ne laissions pas de porter patiemment des iniures qu'on nous fait: cognaissant