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DE
LA
PROPHETIE
DE
CHRIST.
626
estant
le
Iuge
du
monde,
a
bon
droict
nous
hait
et
nous
tient
tous
detestables:
car
(comme
il
sera
encores
declare
tantost)
qu'apportons
nous
du
ventre
de
la
mere,
et
quel
thresor
amassons
nous
tous
le
temps
de
nostre
vie?
Nous
ne
cessons
de
provoquer
Tire
de
Dieu,
comme
si
nous
avions
complote
avec
Satan
de
tousiours
allumer
le
feu
de
plus
en
plus.
Voyla
donc
comment
nous
meritons
d'estre
hays
et
reiettez
de
Dieu.
Voyla
pourquoy
il
est
arme
en
son
ire
contre
nous:
car
il
est
impossible
qu'il
ne
nous
soit
contraire,
d'autant
que
nous
bataillons
a
l'encontre
de
luy,
que
nous
faisons
ainsi
la
guerre
a
tout
bien,
et
violons
toute
iustice.
Il
faut
que
(di-ie)
Dieu
pour
ce
regard
se
leve
contre
nous
en
iugement:
car
nous
scavons
que
c'est
son
office
propre
de
maintenir
l'equite
et
droiture.
Et
puis
qu'ainsi
est
qu'il
nous
voit
pleins
d'iniquite
et
de
corruption,
et
rebelles
du
tout,
il
faut
bien
qu'il
despioye
son
bras,
et
monstre
que
d'autant
que
nous
luy
sommes
ennemis,
il
nous
rendra
la
pareille.
Il
n'y
a
donc
point
de
paix,
et
nos
consciences
nous
argueront
tousiours:
et
combien
que
nous
taschions
de
nous
endormir
en
nos
flatteries,
Dieu
ne
laissera
point
de
nous
donner
des
pointes,
et
des
aiguillons,
tellement
que
nous
sentirons
en
despit
de
nos
dents,
qu'il
n'y
a
que
malice
et
ingratitude
en
nous.
Ainsi
donc
il
est
impossible
que
Dieu
nous
soit
pitoyable,
et
que
nous
soyons
asseurez
de
trouver
grace
devant
luy,
iusques
a
ce
que
la
correction
soit
faite.
Non
pas
que
Dieu
appete
vengeance
a
la
guise
et
facon
des
hommes.
Celuy
qui
sera
esmeu
en
cholere,
voudra
qu'on
repare
la
faute,
et
qu'il
y
ait
quelque
amende
et
quelque
punition,
tellement
qu'il
en
soit
venge:
Dieu
n'ha
point
de
passions
semblables.
Mais
quoy
qu'il
en
soit,
afin
que
nous
ayons
tant
plus
horreur
de
nos
pechez,
et
que
nous
apprenions
de
les
detester,
il
veut
que
sa
iustice
nous
soit
cognue,
et
la
rigueur
de
son
iugement.
Si
Dieu
nous
pardonnoit
sans
que
Iesus
Christ
eust
intercede
pour
nous,
et
se
fust
constitue
plege
en
nostre
nom,
nous
n'en
tiendrions
conte:
chacun
torcheroit
sa
bouche:
et
aussi
nous
prendrions
de
la
occasion
de
nous
donner
tant
plus
grande
licence.
Mais
quand
nous
voyons
que
Dieu
n'a
point
espargne
son
Fils
unique,
et
qu'il
l'a
traitte
en
telle
rigueur,
et
si
extreme,
qu'il
a
souffert
en
son
corps
tout
ce
qu'il
estoit
possible
de
souffrir
de
douleurs,
et
qu'en
son
ame
mesme
il
a
este
afflige
iusques
au
bout,
iusques
a
s'ecrier,
Mon
Dieu,
mon
Dieu,
pourquoy
m'as-tu
laisse?
Quand
nous
oyons
toutes
ces
choses,
il
est
impossible
(ou
nous
sommes
plus
endurcis
que
pierres)
que
nous
ne
fremissions
et
concevions
une
telle
crainte
et
estonnement
en
nous,
que
ce
soit
pour
nous
rendre
du
tout
confus
:
et
que
nos
offenses
et
iniquitez
ne
nous
soyent
detestables,
Calvini
opera.
Voi.
XXXV.
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