5:624 lieux le Magistrat civil, par une ancienne et maulvaise coustume, est trop negligent a punir les adulteres: a ceste cause les pasteurs et iuges ecclesiastiques doivent estre plus diligens et songneux en leur office. Que le pasteur admoneste ceux qui seront subiectz et adonnez a crimes comme sont les adulteres, mespris de la Religion chrestienne, a la maniere des Epicuriens, parolles de blaspheme, pariuremens ou aultres crimes. Si estant admoneste, il ne promet changement de meurs, qu'il l'accuse a la congregation des iuges: iceux apres avoir faict bonnes information s, qu'ilz iettent la sentence d'excommunication contre celuy qui sera coulpable, donnans a congnoistre leur sentence au Magistrat civil. Et ainsi que les iugemens soyent commis aux eslouz qui seront en certain nombre, gens graves, scavans, et equitables: de paour qu'il ne semble que le pasteur ou quelque aultre plustost par haine ne mette le coulpable en danger, qu'il l'ait accuse estant esmeu par la forme de son office. Aussi qu'il ne soit permis au seul pasteur de ietter sentence d'excommunication sans aucune assemblee des iuges, ou sans avoir appelle quelques gens des plus apparens et honnestes de son Eglise. Car puis que ce sont iugemens de l'Eglise, plusieurs doivent estre convoquez, comme sainct Paul l'enseigne. Tyrannie [fol. 135] est ennemie a l'Eglise. Parquoy on doit eviter apparence de tyrannie, es iugemens ecclesiastiques. On doit a telles assemblees de iuges donner charge de visiter les Eglises, la ou sera faicte inquisition de la doctrine des pasteurs. Que les estourdiz qui sement faulse doctrine soyent reprimez, superstitions soyent abolies, et les images, esquelles se font les vogues; qu'on ayt l'oeil sur les escoles, et que les estudes soyent bien conduictz. Aussi les Imprimeurs ne sont a laisser derriere, car c'est une chose de grande importance, de scavoir quelz livres sont miz en avant, et se bien donner garde que faulse doctrine ou libelles diffamatoires ne soyent espanduz. Donc que le Magistrat depute aux Imprimeurs certains iurez, et qu'il ne soit permis d'imprimer livres qui ne soyent approuvez par iceux. Aussi qu'inquisition soit faicte des meurs des pasteurs et du peuple: si on trouve que le pasteur ayt commis quelque meschancete, qu'il soit puny par les peines rigoreuses des loix; et de tant moins il fauldra laisser passer les paillardises et adulteres des Prestres pource que nous demandons que le mariage leur soit ottroye. Parquoy ces forfaictz doivent estre puniz par peines tresrigoreuses du corps. Aussi que les visitateurs ayent esgard sur les comptes du thresor des Eglises, et facent que les gages soyent fidelement payez aux Pasteurs, Dia-