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SUR
LE
DEUTER.
CHAP.
X.
62
aucun
contredict:
et
que
la
parolle
de
Dieu,
outre
ce
qu'elle
nous
est
amiable,
nous
soit
aussi
en
reverence,
et
que
nous
la
suyvions,
pour
nous
y
submettre
en
tout
et
par
tout.
Or
Moyse
apres
avoir
parle
ainsi,
adiouste,
que
Dieu
n'a
point
esgard
aux
personnes,
et
qu'il
ne
recoit
point
presens.
En
disant
qu'il
n'a
point
regard
aux
personnes,
il
signifie
qu'il
n'y
a
point
de
faveur
envers
luy
pour
Ies
choses
qui
esmeuvent
volontiers
les
hommes.
Car
ce
mot
de
Personne
signifie
ce
qui
apparoist:
il
ne
se
prend
point
ici
ni
en
d'autres
passages
de
l'Escriture
pour
ce
que
nous
disons
en
nostre
langage:
Voila
une
personne,
voila
deux
personnes:
mais
ce
sont
ou
richesses,
ou
la
povrete,
ou
le
parentage,
ou
la
noblesse,
ou
l'honneur.
Toutes
choses
donc
qui
ont
apparence
devant
les
hommes,
pour
nous
esmouvoir
a
porter
faveur
a
quelcun,
ou
bien
a
le
hayr,
ou
a
l'honorer,
ou
a
le
mespriser,
tout
cela
est
comprins
sous
ce
mot
de
Personnes:
car
ce
sont
comme
masques.
Et
ainsi
il
est
dit
que
Dieu
n'accepte
point
les
personnes.
Et
a
quel
propos
est-ee
que
Moyse
en
parle?
C'est
pource
que
les
grands
se
voyans
estre
supportez
selon
le
monde,
en
pensent
faire
autant
envers
Dieu,
et
s'enorgueillissent
la
dessus.
Si
un
homme
s'est
acquis
credit,
et
qu'on
n'ose
sonner
mot
quand
il
faudra,
et
que
mesmes
il
face
peur
a
tous
ceux
qui
luy
resisteront,
il
luy
semble
qu'il
en
a
autant
gagne
envers
Dieu
:
et
la
dessus
il
s'esgaye.
Voila
qui
est
cause
que
beaucoup
se
desbauchent,
et
se
despouillent
de
toute
crainte
de
Dieu
:
car
quand
ils
se
voyent
estre
craints,
et
redoutez,
quand
ils
voyent
qu'on
les
prise,
qu'on
leur
favorise:
ils
ont
tout
gagne,
ils
font
leurs
triomphes,
et
leur
semble
qu'ils
ne
doivent
plus
estre
appellez
a
conte.
D'autant
que
les
hommes
s'abusent
ainsi,
Moyse
les
appelle
au
iugement
de
Dieu,
qui
est
en
verite:
comme
S.
Paul
en
parle,
quand
il
declaire
ce
motj
que
Dieu
n'a
point
egard
aux
personnes:
il
iuge
(dit-il)
en
verite
selon
le
faict,
et
selon
la
droicture:
qu'il
ne
faut
point
que
les
hommes
pensent
avoir
rien
profite
quand
ils
apporteront
ceci
et
cela.
Et
au
reste,
il
signifie
quant
et
quant
que
Dieu
n'est
point
servi
a
l'oeil,
mais
qu'il
regarde
la
verite
du
coeur,
et
non
point
les
choses
qui
apparoissent:
ainsi
qu'il
en
est
parle
au
premier
de
Samuel.
Et
ainsi
nous
avons
a
noter
que
si
quelques
uns
sont
grands
selon
le
monde,
qu'il
ne
faut
point
qu'ils
levent
le
col
ne
la
teste
contre
Dieu:
car
ils
n'y
gagneront
rien,
d'autant
que
toutes
les
grandeurs
du
monde
ne
sont
que
fumee
devant
luy:
et
ceux
qui
sont
petits,
ne
doivent
point
penser
que
Dieu
les
supporte:
comme
quelque
fois
ils
esmeuvent
les
hommes
mortels
a
compassion.
Ostons
donc
toutes
ces
choses
qui
se
presentent
devant
nos
yeux,
et
par
lesquelles
nous
sommes
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