|
5:609
ACTES
DE
RATISBONNE.
sent
en
Grece,
en
Iudee,
et
par
tout
hors
l'Eglise
Romaine,
ou
il
y
a
des
chrestiens,
il
fauldra
incontinent
abolir
ceste
defence
du
Sacrement
entier,
et
permettre
a
tous
la
pleine
communication:
a
scavoir,
tant
du
Calice
que
de
l'aultre
partie,
comme
aussi
le
conseille
le
Livre
presente
par
l'Empereur.
D'avantage,
pource
qu'on
ne
peult
bien
et
utilement
administrer,
tant
la
doctrine
que
les
Sacremens:
sinon
que
les
Eglises
ayent
Ministres
propres
et
zelateurs
de
la
gloire
de
Dieu:
il
sera
expedient
par
tout
l'Empire,
qu'on
laisse
en
la
liberte
d'une
chascune
Eglise,
et
d'un
chascun
estat,
de
chercher
et
prendre
telz
Ministres
qui
administrent
droictement
et
purement,
tant
la
doctrine
que
les
Sacremens,
selon
la
maniere
dessus
dicte
et
iouxte
les
articles
qu'on
aura
passe.
En
quoy,
les
Evesques
et
aultres,
qui
auront
puissance
ecclesiastique
ou
seculiere,
devront
ayder
les
estatz
et
que
nul
ne
les
empesche.
Tiercement,
pource
que
nul
ne
se
peult
deuement
employer
a
faire
son
office,
sinon
qu'on
luy
pourveoye
de
ses
necessitez,
il
fauldra
aussi
trouver
en
cest
endroict
quelque
moyen
raisonnable
tant
que
faire
se
pourra,
pour
le
commencement,
comme
il
a
este
dict,
de
la
provision
[fol.
119]
des
escolles.
Item,
Pource
que
c'est
une
chose
tant
repugnante
a
honnestete
naturelle,
et
encore
plus
a
la
loy
de
Dieu,
et
aux
decretz
ecclesiastiques,
d'avoir
des
Pasteurs
concubinaires
ou
souillez
de
quelque
aultre
impudicite:
D'aultre
part,
pource
qu'on
n'en
peult
auiourdhuy
trouver
de
propres
au
ministere,
qui
ne
soyent
entachez
de
ceste
villanie,
sinon
qu'il
leur
soit
loisible
de
se
marier:
la
necessite
requiert,
et
nous
contrainct
inevitablement,
de
ne
point
interdire
aux
Ministres
le
sainct
Mariage,
et
de
remettre
la
defence
des
Canons
posterieurs
en
ceste
partie,
en
laquelle
ilz
n'accordent
point
a
la
parolle
de
Dieu,
et
aux
plus
anciens
Canons,
qui
sont
meilleurs:
affin
que
aux
poinctz
principalz
de
ceste
matiere,
tous
les
Canons,
tant
anciens
que
nouveaux,
et
mesmes
celuy
de
Dieu,
soyent
restituez
et
observez:
lesquelz
on
a
si
long
temps
viole,
avec
tresgrande
ruyne
et
irreparable
de
la
Religion:
c'est
a
scavoir,
qu'on
ne
commette
point
les
sainctz
mysteres
de
Dieu
a
dispenser
a
ceux,
avec
lesquelz
il
n'est
pas
licite
a
un
homme
chrestien
de
boire
ne
menger,
et
avec
lesquelz
communiquer
spirituellement,
c'est
aussi
grand
peche
que
idolatrie
ou
sorcelerie.
Finalement,
affin
que
durant
ces
commencemens
de
reformation
l'un
n'invade
point
les
biens
ou
droictz
de
l'aultre,
et
que
ainsi
tout
peril
de
nouveaute
illicite
soit
reprime:
il
fauldra
icy
presentement
du
consentement
des
deux
parties
ordonner
et
establir
un
iugement
de
la
chambre,
droict
Calvini
opera.
Voi.
F.
|