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ACTES
DE
RATISBONNE.
mesmes
le
revenu
des
hospitaux
et
des
escoles
n'est
demeure
a
qui
il
appartenoit,
et
a
ceulx
a
qui
nommement
il
avoit
este
donne.
Car
les
Evesques
et
les
prineipaulx
du
clerge,
qui
avoyent
le
gouvernement
des
biens
ecclesiastiques,
tant
de
ce
que
a
eu
du
commencement
l'Eglise,
que
ce
qui
a
este
depuis
donne,
ou
pour
les
gages
des
ministres,
ou
pour
la
necessite
des
povres,
ont
tout
fourre
en
prebendes,
lesquelles
reviennent
a
ceulx
qui
du
tout
ne
font
nul
service
a
l'Eglise,
ou
font
celuy
qui
est
le
moindre
et
le
moins
utile.
Car
les
chanoines
ne
sont
que
chantres,
et
encores
a
eulx
plus
qu'au
peuple
de
Dieu,
d'aultant
qu'ilz
lisent
et
chantent
en
langue
que
le
peuple
n'entend
point.
Or
cest
office,
encores
qu'il
fust
deuement
exerce,
devoit
estre
pour
les
ieunes
enfans
et
les
plus
petiz
clercs.
Car
au
Concile
de
Romme,
qui
fust
celebre
souhz
S.
Gregoire,
il
est
defendu
sur
peine
d'excommuniement,
que
les
Prestres,
qui
doivent
administrer
la
doctrine
et
les
Sacremens,
ou
les
Diacres,
auxquelz
il
appartient
d'avoir
la
charge
des
aulmosnes,
ne
s'addonnent
a
chanterie.
Quant
a
ceulx
qui
sont
en
office
plus
necessaire,
comme
est
la
charge
des
ames,
ou
qui
se
preparent
pour
y
venir,
on
ne
leur
donne
nulles
prebendes
ou
on
leur
en
donne
de
bien
petites;
et
s'il
y
en
a
quelques
grasses,
par
incorporations
et
aultres
praticques
oblicques,
elles
ont
este
supprimees
et
englouties,
pour
estre
adioinctes
aux
prebendes
de
ceulx,
qui
ne
servent
que
de
chanter,
tellement
quellement.
Mesmes
Ie3
sallaires
n'ont
pas
este
laissez
aux
maistres
d'escolles.
De
la
est
venu,
que
non
seulement
on
ne
trouve
nulz
Ministres
idoynes,
et
ne
regarde
on
point
d'en
former:
mais
aussi
les
escolles
sont
quasi
abolies,
[fol.
114]
d'autant
qu'il
n'y
a
nulz
gaiges
pour
les
lecteurs
et
tant
moins
pour
les
escoiliers.
Or
comment
vivent
telles
manieres
de
gens,
qui
ne
servent
qu'a
chanter
et
baller,
voire
sans
utilite
de
l'Eglise,
et
mesme,
qui
par
leur
chanterie
nuisent
beaucoup,
a
cause
de
la
superstition
qui
y
est,
et
des
folles
et
perverses
oraisons,
qui
ont
este
forgees
par
les
hommes
contre
l'honneur
de
Dieu:
quelles
vies,
dis-ie,
ilz
meinent,
et
en
quelz
usages
ilz
convertissent
leurs
prebendes:
il
est
si
notoire
a
tout
le
monde,
qu'il
n'est
mestier
de
le
reciter:
et
neantmoins
souventesfoys,
les
plus
meschans
ont
les
plus
gras
benefices.
Or
combien
que
la
saincte
Ebcripture,
tous
les
sainctz
Peres,
et
les
Canons
condamnent
pour
un
grand
sacrilege,
si
ce
qui
a
este
dedie
pour
le
ministere,
et
pour
soubvenir
a
la
necessite
des
paovres,
est
tourne
en
quelque
aultre
usage
:
et
par
plus
forte
raison,
si
on
le
consumme
en
pompes
et
superfluitez,
et
choses
encores
plus
villeines:
toutesfoys
si
auiourdhuy
on
retire
quelque
peu
des
biens
ecclesiastiques
de
telz
abuz,
pour
l'appliquer
proprement
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