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ACTES
DE
BATISBONNE.
iustifie
par
foy,
avec
les
oeuvres.
Oar
aucuns
de
la
partie
adverse
sont
en
ceste
fantasie,
qu'il
fault
ainsi
prendre
la
sentence
de
sainct
Paul,
quand
il
dict:
Nous
sommes
iustin*ez
par
foy.
Comme
s'il
disoit:
nous
sommes
preparez
a
iustice,
c'est
a
dire
a
dilection,
pour
laquelle
nous
sommes
puis
apres
aggreables
a
Dieu,
non
pas
par
foy
a
cause
de
Christ.
Or
si
l'article
estoit
deprave
en
telle
sorte,
nous
serions
contrainctz
de
contredire.
Car
noz
deputez,
quand
ilz
ont
dict,
foy
vive
ou
efficace,
ont
voulu
signifier,
qu'ilz
ne
parloyent
point
de
la
seule
congnoissance
de
l'hystoire,
telle
que
l'ont
les
infideles:
mais
de
la
fiance,
qui
receoit
la
misericorde
promise
a
cause
de
Christ,
et
qui
console
les
consciences
espoventees.
En
ce
sens
les
nostres
ont
parle
de
l'efficace
de
foy,
par
laquelle
icelle
foy
est
un
mouvement
ardent,
et
confortant,
s'appuyant
en
Christ
et
vivifiant:
comme
il
est
demonstre
consequemment
en
l'article:
et
le
Prophete
dit,
que
le
iuste
vivra
de
sa
foy.
Pourtant,
affin
que
la
locution
ambigue
ne
nous
engendre
des
debatz,
ou
il
fault
adiouster
ceste
declaration,
ou
oster
ce
mot
efficace.
Ce
que
nous
avons
tel
soucy
de
ce
passage,
la
raison
est,
pource
qu'en
ceste
ville,
mesme
apres
la
conference,
on
a
publie
quelques
propositions:
lesquelles
condamnent
appertement
nostre
doctrine,
qui
est
neantmoins
la
pure
verite
de
l'Evangile,
et
remettent
en
avant
la
persuasion
vulgaire,
que
par
la
seule
dilection
nous
sommes
aggreables
a
Dieu.
Et
qu'est
cela
a
dire
aultre
chose,
sinon
que
l'homme
plaist
a
Dieu,
non
point
a
cause
de
Christ,
mais
a
cause
de
ses
vertuz,
ou
oeuvres?
Et
les
mesmes
propositions
renouvellent
beaucoup
d'erreurs
repugnans
a
l'Evangile.
Si
plusieurs
en
la
partie
adverse
persistent
a
maintenir
en
opiniastrete
leurs
faulses
persuasions,
quelle
esperance
pourra
[fol.
96]
on
avoir
de
tranquilite
ou
accord?
*
En
la
seconde
partie
du
mesme
article
de
la
iustification,
il
sera
besoing
d'expliquer
plus
amplement
la
doctrine
des
bonnes
oeuvres.
Car
puis
qu'il
avoit
este
dict
au
paravant
qu'il
y
a
tousiours
quelques
relicques
de
pechez
auxSainctz:
puis
aussi,
qu'il
fault
clairement
enseigner,
que
les
regenerez
iamais
ne
satisfont,
ceste
vie
durant,
a
la
loy
de
Dieu:
les
ames
fideles
cherchent
comment
elles
pourront
plaire
a
Dieu,
veu
qu'elles
sont
entachees
de
peche,
et
ne
satisfont
point
encores
a
la
loy.
Ceste
doubte
tormente
tousiours
les
bonnes
consciences:
et
voyons,
que
la
question
en
a
este
traictee
diligemment
par
les
sainctz
Docteurs
Ecclesiasticques,
a
scavoir,
Basilic,
Hierome,
Augustin
et
Bernard
II
fault
doncques
icy
taxer
l'arrogance
et
hypocrisie
de
ceux
lesquclz
ignorantz
la
doctrine
de
la
foy
en
Christ,
se
prisent
eulxmesmes,
et
pensent
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