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SERMON
LXXIII.
60
nous
recourions
a
luy,
et
que
nous
en
approchions
tellement,
que
nous
ne
doutions
point
qu'il
ne
nous
soit
tousiours
pere.
LE
CINQUIESME
SERMON
SUR
LE
CHAP.
X.
V.
17.21.
DU
SAMEDI
14E
DE
SEPTEMBEE
1555.
Nous
vismes
hier
que
pour
avoir
un
droit
zele
et
affection
de
servir
a
Dieu,
il
nous
faut
estre
asseurez
que
la
religion
que
nous
tenons
est
bonne,
et
qu'il
l'approuve.
Car
cependant
que
nous
serons
en
doute,
il
est
impossible
que
nous
marchions
d'un
franc
courage,
nous
irons
comme
en
clochant,
et
par
force:
et
s'il
y
a
quelque
ardeur,
cela
viendra
d'une
stupidite,
et
non
point
que
nous
soyons
adonnez
a
bon
escient
de
servir
au
Dieu
qui
nous
sera
incogneu.
Et
ainsi
il
faut
que
nous
soyons
bien
et
deument
enseignez,
pour
estre
disposez
a
bien
faire.
Et
voila
pourquoy
notamment
Moyse
dit
ici,
que
le
Dieu
qui
s'estoit
declare
par
sa
Loy,
et
qui
auparavant
s'estoit
manifeste
aux
Patriarches,
est
le
Dieu
des
dieux,
et
qu'il
n'en
faut
point
cercher
d'autre:
mesmes
encores
que
nous
eussions
quelque
bon
mouvement,
et
que
nous
fussions
pleins
de
devotion
(comme
on
dit)
si
estce
que
tout
ce
que
nous
pourrons
attenter
ne
sera
rien
qui
vaille
sans
la
foy.
Il
faut
donc
que
nous
ayons
ceste
certitude,
que
nous
sachions
que
ce
n'est
point
en
vain
ni
a
la
volee
que
nous
faisons
rien:
mais
que
suivons
la
volonte
de
Dieu,
et
que
ce
que
nous
faisons
luy
est
aggreable.
Or
cependant
Moyse
apres
avoir
testifie
au
peuple,
que
ceste
Loy
ici
estoit
du
Dieu
vivant,
il
adiouste:
Qu'il
est
grand,
et
robuste,
et
terrible.
Car
nous
voyons
comme
les
hommes
se
donnent
conge
de
mespriser
Dieu,
et
qu'ils
s'enyvrent
tellement
en
leur
orgueil
et
fierte,
qu'on
ne
peut
tirer
aucune
subiection
d'eux.
Afin
donc
qu'on
ne
se
ioue
point
a
un
tel
maistre,
notamment
il
dit,
que
le
Dieu
qui
veut
que
sa
Loy
soit
maintenant
publiee,
est
grand,
et
robuste,
et
terrible.
Quand
il
l'appelle
grand,
c'est
pour
monstrer
l'honneur
qui
luy
appartient.
Quand
il
l'appelle
robuste,
c'est
afin
qu'on
ne
luy
resiste
point.
Quand
il
dit
qu'il
est
terrible,
c'est
afin
que
nous
cognoissions
que
s'il
nous
touche
de
sa
main,
il
faut
que
nous
soyons
abysmez.
Gardons-nous
donc
de
le
mespriser
:
mais
quand
il
nous
appelle
devant
sa
maieste,
que
nous
tremblions,
que
nous
venions
esmeus
de
frayeur
pour
estre
droitement
humiliez.
Nous
voyons
donc
maintenant
l'intention
de
Moyse.
Et
ainsi
notons
que
pour
bien
reigler
nostre
vie,
ii
faut
que
nous
ayons
la
pure
doctrine,
et
que
nostre
religion
soit
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