5:588 de humaine sagesse. Les nostres aussi, ont bien modere plusieurs controversies, mais ce a este selon la reigle de la parolle de Dieu, et des tesmoignages apostoliques. Nous estimons donc que les articles presentez par les trois deputez de nostre part, sont modestement escriptz et vrais: et pourtant nous en demeurons la et prions vostre maieste, Sire, de prendre ceste nostre response a la bonne part. Car puis, qu'il est icy question de la gloire de Dieu et de la clarte de l'Evangile, nous ne devons confermer les faceons de faire vicieuses, ne les opinions qui obscurcissent l'Evangile. Or combien gros abuz seroyent establis,* si on recevoit l'opinion du Livre, touchant l'invocation des Sainctz et aultres observations dressees sans la parolle de Dieu. D'avantage, puis que noz consciences et celles de noz eglises sont du tout persuadees de ces matieres selon que nous en parlons, il ne nous est pas licite de prononcer contre noz consciences. Pareillement cela emporteroit preiudice a toute l'Eglise. Car si nous approuvions de rechef les abuz que nous avons taxe par cy devant, on s'ayderoit de nostre tesmoignage contre tous ceulx qui sentent droictement de la Religion, voire iusques au temps advenir: ainsi les erreurs seroyent establis aux aultres pays, et la cruaulte iniuste de ceux qui maintiennent les abuz seroit corroborec. Quel lien seroit ce mettre sur l'Eglise, si nous confessions qu'on ne scauroit trouver nulle faulte en un conseil general? Entre les Clementines il y en a une faicte au conseil de Vienne en daulphine, ou le pape afferme que la seigneurie de l'Empire Romain est sienne, et qu'elle luy a este donnee de Christ. Chascun peult veoir combien ceste sentence est absurde. Et d'autant que les papes et evesques se sont tousiours plus [fol. 92] amusez a acquerir royaumes et seigneuries qu'ilz n'ont eu soing d'enseigner: on voit combien de maulx il s'en est ensuivy. On pourroit noter beaucoup d'autres erreurs des Synodes que nous obmettons. Qui plus est, en noz villes et pays, et mesmes en noz Eglises domesticques, quelles placis recevroient les bonnes consciences qui ont la crainte de Dieu, et ont este abreuvees de la pure doctrine? combien y auroit il de fideles, qui nous obiecteroient ceste reproche de S. Paul: Pourquoy nous retirez vous de la grace de Christ pour nous mener a un aultre genre de doctrine? car on iugeroit de nous comme des Galatiens, que nous aurions corrompu la purete de l'Evangile. Ces raisons comme elles sont grandes, nous esmeuvent de tenir bon, quant aux articles que noz deputez ont presente sur ce qu'ilz reprouvoient au livre. Et nous offrons de rendre raison de nostre sentence, et de declarer lesdictz articles, lesquelz contiennent choses grandes et necessaires a l'Eglise.