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ACTES
DE
RATISBONNE.
Et
s'il
est
question
de
conclurre
quelque
concorde,
nous
requerons
que
ces"
articles
de
chose
de
si
grand
poix,
soyent
myeulx
esclarciz.
Ce
que
nous
entendons
que
ont
aussi
demande
les
commis
de
l'aultre
partie,
honnorables
personnes,
le
docteur
Iule
Flug,
et
le
docteur
Iehan
Gropper.
Reste
maintenant
les
controversies,
lesquelles
n'ont
point
este
decidees:
dont
les
nostres
ont
presente
[fol.
90]
leurs
articles,
lesquelz
puis
qu'ilz
sont
vrays
et
modestement
couchez,
nous
esperons
qu'ilz
satisferont
a
l'aultre
partie.
Et
ne
doubtons
pas
que
quand
ilz
viendront
en
lumiere,
tous
hommes
de
bon
et
sain
iugement,
congnoistront,
que
ceulx
qui
les
improuvent
sont
trop
desraisonnables.
Car
combien
que
le
Livre,
pour
s'accommoder
a
moderation,
adoulcisse
quelque
chose
en
ces
articles:
toutesfoys,
puis
que
la
grandeur
des
abuz
est
notoire,
il
fault
revenir
iusques
a
la
source,
pour
bien
advertir
l'Eglise.
Dieu
nous
est
tesmoing,
que
nous
aymons
aussi
moderation,
et
l'avons
tousiours
cherchee.
Mais
il
est
bien
requis
en
l'Eglise
d'aviser,
quelles
limites
il
fault
tenir
en
moderant.
Il
est
advenu
souventesfoys
en
l'Eglise,
que
non
seulement
les
Princes
et
gouverneurs
seculiers,
mais
aussi
les
Docteurs,
ont
cherche
moderation
par
iugement
humain:
lesquelles
ont
destourne
l'entendement
des
hommes
de
la
purete
de
l'Evangile,
et
de
la
vraye
invocation
de
Dieu.
Combien
y
en
a
il,
qui
ont
pense,
que
S.
Augustin
avoit
dispute
de
la
grace
de
Dieu
trop
estrangement.
Pourtant
les
Theologiens
scholasticques
ont
cherche
une
moderation:
non
point
pour
approuver
l'heresie
de
Pelagius:
mais
pour
obscurcir
la
doctrine
de
la
grace
de
Dieu.
A
combien
de
gens
a
il
semble
que
8.
Paul
parloit
trop
durement
de
la
foy
iustifiante?
A
ceste
cause
on
a
cherche
des
interpretations
plus
gracieuses
au
iugement
humain,
mais
icelles
ont
ensepvely
la
vraye
doctrine
de
l'Evangile
et
abatu
la
consolation
des
consciences.
Tant
de
foys
la
parolle
celeste
nous
crie,
qu'il
n'y
a
qu'une
seule
satisfaction
pour
les
pechez,
c'est
la
mort
du
Filz
de
Dieu.
Neantmoins
les
Scholasticques
ont
trouve
une
moderation,
pour
maintenir
les
manieres
vicieuses
de
servir
Dieu.
C'est
une
chose
tresbelle
et
honneste
que
Tordre
et
degre
des
gouverneurs,
mais
soubz
ceste
couverture
les
Papes
et
prelatz
se
sont
esleves
en
domination
royale,
laquelle
Christ
leur
avoit
deiFendu.
Combien
donc,
que
moderation
ayt
en
toutes
choses
sa
louenge,
comme
il
a
este
[fol.
91]
prudemment
dict,
que
toutes
les
ars
et
veitus
tendent
a
ce
but,
de
constituer
quelque
mediocrite:
toutesfoys
il
fault
qu'en
l'Eglise
la
parolle
de
Dieu
soit
la
reigle
de
moderation,
et
non
pas
la
sagesse
humaine.
Comme
S.
Paul
nous
admoneste,
que
nous
ne
nous
laissions
point
decevoir
par
beaux
et
plaisans
argumens
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