32:581 581 SUR LE PSEAUME CXIX. 582 que le Diable ne nous puisse point esbranler en facon que ee soit. Et puis qu'il plaist a ce bon Dieu de nous offrir tant de remedes pour resister aux assauts que Satan nous pourroit dresser, que nous ne les refusions point, nous en rendans indignes par nostre ingratitude: mais que nous les acceptions pour nous en aider au besoin. Et surtout, ce qu'il nous fait gouster maintenant par sa saincte parole, attendans qu'il nous monstre plus amplement, et en plus grande perfection ce que nons voyons par foy. Que non seulement il nous face ceste grace, mais aussi a tous peuples et nations de la terre, etc. N E U F I E M E SERMON. Du Dimanche 5. iour de Mars, 1553. Neufieme huietain. TETH. Seigneur, tu as fait grace avec ton serviteur, selon ta promesse. Enseigne-moy de bien iuger et entendre: car i'ay adiouste foy a tes commandemens. Devant que ie fusse afflige, tierroye: mais maintenant ie garde ta parole. Tu es bon et bien-faisant: apprenmoy donc tes ordonnances. Les orgueilleux ont forge des faussetez contre moy: mais ie ne laisse de garder de tout mon coeur tes commandemens. Leur coeur est gras comme sein: mais moy ie me delecte en ta Loy. ll m'est bon que i'aye este humilie: afin que V apprenne tes statuts. La doctrine de ta bouche m'est meilleure que mille pieces d'or, ou d'argent. Si les hommes sont fols et mal advisez en beaucoup d'endroits, on le peut voir sur tout quand il est question de prier Dieu: la ou s'il y avoit une seule goutte de bon sens en nous, elle se devroit monstrer: mais les hommes descouvrent en cest endroit leur folie plus qu'en tout le reste. Pourquoy? Car nous aurons plus de modestie et plus de simplicite en nous si nous avons a faire quelque demande a un homme mortel, que quand nous venons devant Dieu: car nous y allons a l'estourdie, ne scachans co que nous luy devons requerir: mais iettans a la volee ce qui nous vient en la bouche. D'autant plus donc devons-nous bien recorder nostre lecon, afin de scavoir quelle est la regle de bien prier. Car nous profanons le nom de Dieu, et monstrons bien que nous mesprisons par trop sa maieste, si nous luy demandons autre chose, sinon ce qu'il nous a declare luy estre agreable, tellement que sa volonte aille tousiours devant, et qu'elle domine par dessus tous nos appetis. Or en ce passage nous avons un advertissement qui est bien utile a ce propos: c'est ascavoir, que sur tout nous devons supplier a Dieu