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ACTES
DE
RATISBONNE.
ont
este
multipliees
pource
qu'on
avoit
ceste
imagination
que
c'estoit
chose
meilleure,
que
chascun
eust
sa
Messe
celebree
a
son
intention
particuliere,
que
d'en
avoir
une
generale
pour
tous.
Aultres
opinions
sont
encores
survenues,
que
les
Messes
par
la
dignite
de
l'oeuvre
procedant
de
l'homme,
sont
profitables
pour
les
vivans
et
pour
les
mors.
Ces
horribles
abu
z
sont
sortis
du
changement
de
la
coustume
Apostolique
et
catholique:
laquelle
a
dure
en
l'Eglise
ancienne
long
temps
apres
les
Apostres.
C'est
que
la
Messe
estoit
une
communion
de
plusieurs.
Il
n'y
a
doubte,
qu'il
ne
faille
reprendre
l'applicquation,
qui
se
faict
en
l'oblation:
reprendre
aussi
ceste
opinion,
que
ce
soit
oeuvre
meritoire
pour
les
aultres,
tant
vifz
que
mortz:
veu,
que
cela
est
departir
le
merite
entre
la
passion
de
Christ
et
l'oeuvre
du
Prestre,
contre
ce
qui
est
escript:
Par
une
oblation,
il
a
parfaict
les
Sainctz.
C'est
donc
le
Filz
de
Dieu
mesme,
qui
s'est
offert
au
Pere,
en
mourant
pour
nous:
comme
il
est
escript,
qu'il
s'est
soymesme
offert.
Et
n'y
a
point
d'aultre
sacrificateur
[fol.
81]
qui
entre
au
sanctuaire:
comme
il
est
escript
de
Christ,
que
par
son
propre
sang,
il
y
est
une
foys
entre,
pour
obtenir
redemption
perpetuelle.
Et
n'a
pas
commande
qu'en
la
Cene
il
fust
offert
par
les
aultres
:
mais
a
distribue
aux
aultres
son
corps
comme
un
gage.
Un
chascun
se
doit
applicquer
par
sa
propre
foy
les
benefices
de
Christ.
Il
s'ensuit
donc
que
l'oblation
ne
merite
rien
a
un
aultre.
Item,
Christ
nostre
sacrificateur
a
distribue
seulement
son
corps
en
la
Cene
a
ses
disciples:
et
ne
l'a
pas
offert,
et
n'a
pas
commande
d'offrir
un
sacrifice
pour
les
aultres:
mais
a
dict:
Prenez
mangez.
Or
il
ne
nous
est
licite
de
faire,
sinon
ce
que
a
faict
Christ
nostre
sacrificateur,
pour
nous
donner
exemple,
et
nous
a
ordonne
de
faire
par
sa
parolle.
Au
contraire,
que
l'oblation
ou
application
pour
les
aultres
demeure,
si
on
retient
les
Messes
privees,
il
appert.
Car
ceux
qui
les
retiennent,
disent
en
leur
canon,
que
cela
se
faict
pour
la
redemption
des
ames,
pour
les
vifz
et
pour
les
mors.
Et
ceste
persuasion
demeure
au
peuple,
qu'il
pense
une
telle
oblation
estre
le
principal
service
qu'on
scauroit
faire
a
Dieu,
estant
profitable
pour
les
aultres.
Et
pour
ceste
cause
chascun
faict
chanter
des
Messes
pour
son
salut,
et
par
une
mesme
fantasie
on
en
faict
chanter
pour
les
mortz.
Ces
opinions
et
ces
abuz
seront
a
reprendre.
Toutesfoys
si
ayant
estably
accord
en
doctrine,
on
enseignoit
par
tout
le
peuple,
de
l'usage
du
Sacrement,
de
la
foy,
de
la
vraye
invocation,
et
que
ceste
application
pour
les
vifz
et
pour
les
mortz
fust
appertement
taxee
en
sermons,
pareillement
qu'il
fust
licite
a
quiconque
vouldroit
d'abandonner
les
messes
privees,
il
n'y
auroit
point
de
debat,
encores
que
tous
ne
changeassent
point
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