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ACTES
DE
RATISBONNE.
De
ee
mesme
poinct
on
peult
entendre,
que
le
corps
n'est
pas
attache
avec
le
pain
materiel,
pour
la
demeurer
iusque
a
tant
qu'on
le
mange.
Car
il
ne
faict
pas,
comme
il
a
este
dict,
en
union
naturelle
des
deux
substances:
mais
quand
aux
fideles,
le
corps
est
conioinct
avec
le
pain,
affin
qu'en
usant
du
signe
ilz
participent
a
la
verite:
et
n'ayent
pas
seulement
une
figure
corruptible
et
vaine:
mais
aussi
receoyvent
ce
qui
y
est
represente.
Mais
le
mal
est
que
ce
mot
de
consecration
n'est
pas
sainement
entendu.
Car
le
monde
imagine,
que
le
pain
receoyve
la
vertu
des
parolles
en
soymesme,
[fol.
68]
affin
que
quand
les
parolles
sont
pronuncees,
le
corps
de
Iesus
Christ
y
entre:
ou
au
contraire
la
parolle
de
Dieu
ne
se
addresse
pas
au
pain,
affin
qu'il
change
sa
nature,
mais
a
ceux
qui
doyvent
recevoir
le
Sacrement,
affin
qu'ilz
entendent
que
ce
n'est
pas
un
signe
pur,
mais
conioinct
avec
sa
verite.
Et
c'est
ce
que
dict
sainct
Augustin,
que
la
parolle
qui
faict
le
Sacrement
??c'est
la
parolle
de
foy,
que
on
nous
presche.
Pour
ceste
cause,
il
est
trop
difficile
de
garder
le
Sacrement
comme
on
a
faict,
le
tenant
dedans
le
ciboire,
sans
superstition.
Car
ce
qu'on
allegue,
que
c'est
pour
les
malades:
la
response
est
facile,
que
si
le
mystere
ne
leur
est
expose,
c'est
un
abuz.
Et
s'il
leur
est
expose,
cela
est
la
vraye
consecration.
Ainsi
c'est
chose
superflue
de
le
reserver.
D'avantage
le
peuple
ne
se
peult
tenir
de
l'adorer,
comme
s'il
estoit
la
mis
seulement
pour
ceste
cause.
Touchant
de
le
porter
en
pompe,
et
en
user
aultrement
que
nostre
Seigneur
ne
l'a
ordonne,
c'est
superstition
et
mesme
ydolatrie.
De
ce
qui
est
dict
au
second
article
du
chapitre
de
Penitence
9
qu'il
fault
confesser
les
pechez
mortes
dont
l'homme
se
sent
coulpable
et
qui
tiennent
la
conscience
perplexe.1)
De
ceste
partie
nous
respondons,
qu'il
fault
retenir
en
l'Eglise
le
ministere
de
l'Absolution
particuliere.
Qui
est
la
voix
de
l'Evangile,
sonante
en
la
bouche
des
Ministres,
pour
nous
applicquer
la
remission
de
noz
pechez.
Ce
benefice
est
iresaggreable
aux
consciences
timides,
lesquelles
sont
par
ce
moyen
confermees,
pour
se
resouldre,
que
l'Evangile
promet
non
seulement
a
tous
en
general,
mais
en
prive
a
un
chascun
la
remission
des
pechez,
et
applicque
la
promesse
de
Iesus
Christ.
Ceste
consolation
est
necessaire
a
ceux
qui
ont
a
batailler
contre
les
terreurs
et
espouvantemens
de
leur
conscience.
Cependant
neantmoins
il
est
de
besoing,
que
1)
Lettre
O.
Voyes
ci-dessus
page
542.
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