5:564 l'Eglise. Laquelle parolle nous est proposee aux escriptz des Prophetes et des Apostres. Or nous recongnoissons, que de l'authorite, laquelle appartient a la vraye Eglise, il y a trois parties. La premiere est de rendre tesmoignage des escriptz Apostoliques, ou de discerner les livres [fol. 62] des Apostres d'avec ceux qu'on a contrefaict en leur nom. Car comme ainsi soit que plusieurs livres volassent ca et la soubz leur tiltre, differens de ceux qui a la verite estoyent procedez d'eulx: on a retenu ceux, dont les Eglises avoyent bonne memoire, qu'ilz estoyent venuz des Apostres, ou aultres serviteurs de Dieu dignes de foy. Apres le consentement universel des fideles, retenant ceux la, a reprouve tous les aultres, qui ne convenoyent pas avec. Car Eusebe recite, qu'il y a eu une singuliere diligence de conserver ce qui avoit este baille par certaine authorite, et le discerner des livres qu'on a faict et seme a la volee. Combien donc, que ce soit un singulier oeuvre et benefice de Dieu, d'avoir conserve certains livres des Prophetes et Apostres : toutesfoys si fault il recongnoistre en cest endroict, tant la diligence que l'authorite de l'Eglise: laquelle a en partie tesmoigne des escriptz qui estoyent certains; en partie, a par iugemens spirituelz reprouve ceux, qui estoyent indignes d'estre receuz; et n'accordoyent pas avec les vrais. Pourtant sainct Augustin nous prise l'authorite de l'Eglise premiere, recevant les livres approuvez par le consentement commun d'icelle: et reprouvant ceux que de nouveau avoyent forge les Manicheens. A ceste cause, il dict: Ie ne croiroye point a l'Evangile, si ie n'estoye esmeu de l'authorite de l'Eglise universelle. Il entend qu'il est esmeu par les tesmoignages qu'il avoit accordans ensemble de l'Eglise ancienne, pour ne doubter que les livres canoniques ne soyent venuz des Apostres et aultres semblables escrivains dignes de foy. Secondement il fault attribuer a l'Eglise ceste