5:550 teurs avec nous, qui ont ia merite d'estre faictz combourgeoys d'en hault. Et pource que facilement les hommes tumbent de vraye piete en superstition, on les doit enseigner diligemment et sans se faindre, touchant ces choses icy. C'est assavoir de colloquer leur fiance en Dieu seul: a iceluy seul offrir sacrifices: lequel doit estre invoque comme autheur unique de nostre salut: et que les sainctz ne doivent estre aultrement reputez que intercesseurs diligens envers Dieu, estans soliciteux de nostre salut: lesquelz nous devons honnorer et imiter, Jnon en leur propre vertu, mais en Dieu seulement, auquel on doit rendre graces a cause de leurs victoires. Veritablement sainct Augustin en escript excellemment a Boniface contre l'Epistre de Pelagius. l) Nous n'edifions point (dit-il) des temples aux Martyrs, ni ne constituons prestrises, services, ny sacrifices: car ce ne sont pas eux, mais c'est leur Dieu, qui est le nostre. Il est bien vray que nous honnorons leurs sepulchres et monumentz, comme de sainctz personnages qui ont bataille iusques a la mort corporelle, pour la verite, a celle fin que la Religion fust de plus manifestee, les aultres faulses Religions estans vaincues et abbatues. Et qui est celuy qui a ouy quelque foys le Prestre des fideles estant a l'autel, mesme sus un corps sainct d'un Martyr, autel (dis-ie) esleve pour l'honneur et service de Dieu, dire en ses prieres: Pierre, Paul ou Cyprian [fol. 46] ie t'offre ce sacrifice? Lors qu'aux monumentz d'iceux on offre a Dieu qui les a faictz et hommes^ et Martyrs : les associans par honneur celeste a ses sainctz Anges: a celle fin aussi, que par tel honneur nous rendions graces au vray Dieu pour les victoires qu'ilz ont obtenues: nous enhortans nousmesmes a, l'imitation de telles coronations et triumphes, ayant invoque iceluy mesme Dieu, par la recordation de leur memoire. Donc tout le service, qui est faict es lieux des (bienheureux Martyrs, est pour la decoration de leurs monumentz: non pour service ou sacrifice dediez aux mortz comme a Dieu. Cestes sont les parolles de sainct Augustin. Touchant les vrayes Reliques des sainctz Martyrs, tousiours telle a este l'opinion en l'Eglise: qu'elles doivent estre tenues en reverence et devotion. Premierement, pource que ces cendres et oz des Sainctz sont gaiges et despouilles a nous delaissees: lesquelles nous advertissent de la foy et charite qui a este en eux: entant que nous reduysons en memoire que ces mesmes oz (desquelz ia-dis le corps qui est le domicile de la grace inhabitante a este conioinct: auxquelz aussi les membres ont este adioinct) ont este auparavant les tem- 1) Livre III. Chap. .3 35*