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SERMON
LXXII.
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qu'ils
plairoyent
a
Dieu,
moyennant
qu'ils
fissent
des
singeries
a
leur
poste.
Or
au
contraire,
qu'est-ce
que
Dieu
demande
de
nous?
assavoir
que
nous
luy
soyons
suiets,
pour
dire:
Seigneur,
que
tu
domines
sur
nous,
et
que
tu
y
ayes
toute
maistrise,
tellement
que
toute
nostre
iustice,
et
sainctete
soit
de
nous
conformer
a
ta
parole,
que
nous
ne
facions
point
de
longs
circuits
pour
inventer
ceci
et
cela:
mais
que
nous-nous
contentions
de
ta
simple
volonte,
pour
nous
ranger
a,
ce
que
tu
commandes,
et
pour
porter
paisiblement
ton
ioug.
Et
si
cela
nous
semble
penible,
que
toutesfois
nous
apprenions
d'avoir
le
col
ployable,
et
de
flechir
:
c'est
la
suiettion
que
Dieu
demande
de
nous.
Quand
Moyse
dit:
N'endurcissez
plus
vos
cols,
il
redargue
les
Iuifs
de
leur
vie
passee:
comme
s'il
disoit:
C'est
assez,
et
par
trop,
que
iusques
ici
vous
ayez
este
rebelles
a
vostre
Dieu:
comme
il
leur
a
dit
par
ci
devant:
Depuis
le
iour
que
ie
vous
cognoy,
ie
n'ay
veu
que
tout
mal,
et
toute
perversite
en
vous.
Il
recite
cela
comme
une
chose
qui
leur
devoit
faire
honte.
Car
nous
ne
voulons
point
que
les
fautes
passees
nous
soyent
ramentues
:
si
tost
qu'on
en
touche,
pource
que
nous
avons
les
aureilles
delicates,
cela
nous
fasche,
et
nous
semble
que
tout
devroit
estre
enseveli,
et
que
iamais
on
n'en
devroit
faire
memoire.
Il
est
vray
que
s'il
nous
en
souvenoit
bien,
il
ne
seroit
ia
mestier
qu'on
nous
en
parlast:
mais
nous
voyons
comme
chacun
s'endort,
et
il
nous
fasche
mesmes
de
revenir
en
conte
des
offenses
que
nous
avons
commises
contre
Dieu:
nous
reiettons
cela
bien
loin,
ce
nous
est
matiere
de
melancolie:
et
toutesfois
nous
devrions
estre
attentifs,
et
de
soir,
et
de
matin
de
penser
a
nos
fautes
passees:
non
point
pour
estre
nonchallans,
ou
pour
en
tomber
en
desespoir:
mais
afin
de
gemir,
afin
d'estre
plus
soigneux
de
cheminer
autrement
que
nous
n'avons
point
fait,
afin
de
remercier
Dieu
de
sa
bonte,
d'autant
qu'il
luy
a
pleu
de
nous
corriger,
ainsi
que
nous
avons
recite
tant
de
fois.
Voila
donc
comme
les
hommes
devroyent
avoir
bonne
souvenance
de
leurs
fautes,
encores
qu'ils
n'en
fussent
point
exhortez.
Mais
quoy?
nous
les
mettons
en
oubli,
et
ne
voulons
point
qu'on
nous
en
parle
:
voila
double
vice.
Cognoissons
donc
qu'il
nous
est
utile
qu'on
nous
parle
souvent
de
nos
pechez,
et
que
la
memoire
nous
en
soit
refreschir
Voila
pourquoy
derechef
Moyse
dit
:
N'endurcissez
plus
vos
coeurs.
Il
n'exhorte
pas
simplement
les
Iuifs:
mais
il
les
accuse
quant
et
quant,
et
leur
monstre
que
iusques
ici
ils
s'estoyent
si
mal
portez,
qu'il
falloit
bien
qu'ils
cogneussent
que
c'estoit
en
vain
qu'ils
se
glorifioyent
d'estre
le
peuple
de
Dieu.
Au
reste,
afin
que
nous
apprenions
de
prattiquer
ceste
doctrine
comme
il
appartient,
cognoissons
que
ceux
qui
se
veulent
endurcir
a
mal,
il
faudra
que
Dieu
les
ruine,
et
qu'il
leur
face
sen-
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