|
32:545
545
SUR
LE
PSEAUME
CXIX.
546
nous
sa
Parole?
tenons
la
chose
desia
comme
faite.
Et
ainsi,
quand
David
dit,
Selon
ta
Parole,
il
monstre
qu'il
n'a
point
este
asseure
seulement
que
Dieu
est
fidele
et
liberal,
qu'il
ne
veut
point
qu'on
soit
abuse
quand
on
s'attend
a
luy
:
mais
il
signifie
que
ceste
certitude
que
nous
avons
de
la
verite
de
Dieu,
ne
nous
doit
point
rendre
lasches,
pour
dire,
que
nous
soyons
la
comme
abrutie.
Il
faut
plustost
que
nous
soyons
solicitez
a
le
prier.
Il
y
en
aura
aucuns
qui
diront
bien,
qu'ils
sont
asseurez
en
Dieu:
mais
puis
qu'il
scait
ce
qu'il
nous
faut,
disent
ils,
il
n'a
point
besoin
qu'on
l'importune.
Or
telles
gens
monstrent
qu'ils
n'ont
iamais
cognu
que
c'est
de
foy
ne
d'esperance.
Car
si
nous
avons
receu
sans
feintise
les
promesses
de
Dieu,
il
faut
que
nous
ayons
ceste
ardeur
la
en
nous,
et
ce
zele
de
le
prier,
et
de
recourir
a
luy,
pour
dire:
Seigneur,
quand
tu
m'as
asseure
de
ta
bonte
et
de
ta
misericorde,
c'a
este
afin
que
ie
t'invocasse
au
besoin.
Or
ie
voy
la
necessite
qui
me
pfesse,
il
faut
que
ie
vienne
a
toy
comme
tu
m'y
appelles
par
ta
Parole.
Voyla
donc
comme
toutes
les
promesses
de
Dieu
noue
doyvent
estre
autant
d'esperons
pour
nous
picquer,
afin
de
venir
a
luy,
et
luy
faire
nos
oraisons.
Venons
maintenant
a
ce
que
dit
David,
Que
tes
misericordes,
ou
tes
graces
viennent
a
moy,
et
ton
salut.
Apres
qu'il
a
iette
son
fondement
pour
bastir,
il
demande
une
mesme
chose
en
deux
mots,
qui
sont
divers
selon
l'apparence:
c'est
ascavoir,
Les
graces
de
Dieu
et
son
Salut.
Tant
y
a
neantmoins
que
David
ne
signifie,
sinon
que
Dieu
se
monstre
Sauveur
envers
luy.
Toutesfois
il
n'y
a
yci
rien
de
superflu:
car
c'est
autant
comme
s'il
disoit,
Seigneur,
suyvant
ce
que
tu
m'as
promis
que
ie
te
sente
mon
Sauveur
et
mon
Pere.
Mais
cependant
si
est-ce
qu'il
exprime
d'ou
vient
et
procede
ce
salut
que
nous
devons
attendre,
et
que
Dieu
nous
a
promis:
c'est
de
sa
pure
bonte.
Car
les
hommes
ne
se
peuvent
tenir
d'usurper
tousiours
a
eux
quelque
chose
qui
ne
leur
appartient
pas:
ils
le
veulent
tousiours
obliger
a,
eux,
d'une
folle
outrecuidance.
Or
David,
au
contraire,
monstre
yci,
que
tout
le
salut
qu'il
attend
et
qu'il
demande,
vient
d'une
autre
source
que
de
la
vertu
et
dignite
des
hommes:
c'est
ascavoir
de
la
pure
bonte
de
Dieu.
Ainsi
donc,
nous
voyons
que
comme
par
cy
devant
il
a
parle
de
la
promesse,
aussi
il
adiouste
yci
et
exprime
la
cause
qui
a
esmeu
Dieu
de
s'obliger
ainsi
a
nous:
c'est
ascavoir
sa
misericorde.
Par
cela
nous
sommes
admonnestez,
quand
nous
avons
a
invoquer
Dieu,
de
regarder
tousiours
ces
deux
choses
yci:
c'est
ascavoir,
la
grace
de
Dieu
et
sa
misericorde
gratuite:
et
puis
sa
promesse.
Dieu
est
bon
et
liberal,
et
voyla
pourquoy
c'est
qu'il
nous
regarde
en
pitie
:
et
en
nous
y
regardant
Calvini
opera.
Vol
XXXII.
|