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SUR
LE
PSEAUME
CXIX.
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dit,
il
y
a
des
vices
qui
sont
plus
abondans
aux
uns
qu'aux
autres.
Il
faut
donc
qu'un
chacun
regarde
a
quoy
sa
nature
encline,
et
qu'il
s'efforce
d'autant
plus
a
resister
a
toutes
les
tentations,
desquelles
il
pourroit
estre
esbranle.
Qui
plus
est,
il
faut
regarder
aux
mauvaises
affections
et
pensees,
qui
nous
pourroyent
decevoir
selon
les
occasions
et
obiects.
Il
n'est
pas
vray-semblable
que
David
de
sa
nature
fust
avaricieux
et
nous
ne
trouvons
point
cela.
Mais
il
estoit
Roy,
il
avoit
un
pays
fertile
et
abondant,
il
pouvoit
amasser
tant
et
plus,
comme
nous
voyons
aussi
qu'il
l'a
fait.
Quand
les
richesses
viennent
ainsi
aux
hommes,
il
y
a
danger
qu'ils
ne
s'y
adonnent
par
trop,
la
ou
auparavant
ils
les
eussent
mesprisees.
Et
ainsi
donc,
David
pouvoit
avoir
este
solicite
de
desirer
encores
plus
de
biens
qu'il
n'avoit,
combien
que
l'or
et
Targent
n'estoit
pour
rien
conte,
comme
dit
l'Escriture
:
que
de
son
temps
l'or
et
l'argent
estoyent
comme
du
plomb
ou
de
la
terre,
telle
abondance
y
en
avoit-il.
Luy
donc
voyant
qu'il
avoit
de
grandes
occasions
de
s'adonner-
a
l'avarice,
il
est
tant
plus
soigneux
a
prier
Dieu.
Or
nous
avons*a
recueillir
une
bonne
doctrine
de
cecy,
que
ceux
qui
sont
eslevez
en
dignite
et
en
honneur,
regardent
de
n'estre
point
surprins
d'ambition,
pour
se
vouloir
monstrer
et
faire
valoir
quant
au
monde.
Que
ceux
qui
sont
riches
et
opulens,
n'y
soyent
point
adonnez,
comme
il
est
dit
en
l'autre
passage
du
Pseaume,
Si
les
richesses
abondent,
n'y
mettez
point
vostre
coeur.
Que
ceux
qui
peuvent
estre
en
delices,
se
tiennent
en
bride
courte,
qu'ils
avisent
de
n'abuser
des
biens
que
Dieu
leur
fait.
Voyla,
di-ie,
en
premier
lieu
comme
chacun
doit
brider
sa
nature,
afin
de
resister
aux
vices
et
aux
pechez
ausquels
il
est
enclin.
Et
secondement,
comme
chacun
ayant
des
obiects
ou
occasions
de
se
desborder,
doit
faire
tant
meilleur
guet.
Car,
comme
i'ay
dit,
encores
qu'un
chacun
soit
adonne
a
un
vice
plus
qu'a
l'autre,
si
est
ce
que
nous
sommes
entachez
de
tous,
et
n'y
a
celuy
qui
s'en
puisse
exempter.
Or
il
est
vray
que
David
parle
yci
notamment
de
l'avarice.
Pourquoy?
d'autant
que
c'est
un
vice
qui
engendre
des
maux
tant
et
plus.
Et
ce
n'est
point
sans
cause
que
S.
Paul
l'appelle
Racine
de
tout
mal
:
car
depuis
qu'un
homme
s'est
une
fois
adonne
a
ceste
mauvaise
convoitise
des
biens
de
ce
monde,
il
fait
une
idole
de
son
argent,
de
ses
richesses,
et
de
ses
possessions.
Il
en
est
tellement
transporte,
que
iamais
il
ne
se
pourra
rassasier.
Il
est
comme
un
gouffre
que
iamais
on
ne
peut
remplir.
Et
puis
cela
fait
qu'il
est
plein
de
cruaute,
n'ayant
nulle
pitie
de
ses
prochains,
qu'il
ne
fera
nulle
conscience
ne
scrupule
de
despiter
et
Dieu
et
le
monde
moyennant
qu'il
en
ait,
ce
luy
sera
tout
un.
Ainsi
donc
notons,
que
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