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SERMON
LXXII.
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qui
nous
est
commis.
Et
cela
ne
se
fait
point
toutesfois
en
vain
:
car
il
faut
que
nous
soyons
fideles
tesmoins
de
Dieu
:
et
d'autant
que
nous
le
faisons
en
son
nom,
que
nous
ne
pensions
point
que
la
chose
soit
frustratoire
ni
inutile.
Mais
cependant
il
faut
venir
a
nostre
Seigneur
Iesus
Christ,
et
cognoistre
que
c'est
en
son
authorite
que
le
Baptesme
s'administre
en
son
Eglise:
et
pourtant
que
c'est
a
luy
de
le
faire
valloir,
et
que
c'est
son
Esprit
par
lequel
nous
sommes
regenerez.
Car
si
chacun
se
pouvoit
baptiser
en
son
ame,
il
seroit
dit:
Le
ministre
baptise
en
eau,
et
chacun
se
baptise
a
la
verite:
mais
il
n'est
pas
dit
ainsi:
car
aussi
cela
seroit
despouiller
le
Fils
de
Dieu
de
ce
qui
luy
est
propre.
Il
s'est
reserve
un
tel
honneur,
et
ne
l'a
iamais
attribue
a
creature
qui
soit,
non
pas
aux
Anges
do
paradis.
Ainsi
cognoissons
quand
auiourd'huy
il
nous
est
remonstre
que
nous
devons
faire
valoir
le
signe
exterieur,
estans
baptisez
en
nos
ames,
que
quant
et
quant
nous
devons
nous
ranger
a
Dieu
pour
le
prier
qu'il
accomplisse
par
la
vertu
de
son
sainct
Esprit
ce
qu'il
nous
figure
au
dehors:
et
qu'il
nous
mortifie,
et
renouvelle
tellement,
que
nous
ayons
la
verite
du
Baptesme
signee
et
engravee
en
nos
ames:
et
autant
en
a-il
este
du
peuple
ancien.
Il
est
vray
que
Moyse
exhorte
ici
les
Iuifs
de
circoncir
leur
coeur:
mais
nous
verrons
ci
apres
qu'il
dira:
Le
Seigneur
vostre
Dieu
circoncira
vos
coeurs.
Il
semble
bien
de
prime
face
que
ces
deux
choses
n'accordent
point,
et
qu'il
y
ait
quelque
contrariete:
mais
tous
les
deux
conviennent
tres-bien
ensemble.
Car
comme
desia
i'ay
touche,
nostre
devoir
est,
de
nous
circoncir,
c'est
de
retancher
tout
ce
qui
est
de
nostre
nature,
et
de
l'aneantir,
afin
que
Dieu
domine
en
nous.
Mais
nous
8ommes-nous
acquittez
de
cela?
Il
faut
que
Dieu
supplee
a
nostre
defaut:
et
ainsi
il
nous
circoncit.
Et
pourquoy
donc
nous
est-il
commande
de
ce
faire,
veu
que
nous
n'avons
ni
vertu,
ni
faculte?
C'est
afin
que
nous
gemissions,
voyans
la
povrete
qui
est
en
nous,
que
nous
defaillons,
et
que
nous
sommes
tant
coulpables,
que
nous
venions
nous
presenter
devant
Dieu
pour
nous
condamner:
et
puis
que
nous
soyons
incitez
a
le
requerir,
qu'il
face
ce
que
nous
ne
pouvons.
Et
cependant
il
y
a
encores
une
autre
raison
:
c'est
que
quand
Dieu
fait
le
tout
en
nous,
si
est-ce
qu'il
appelle
nostre
ce
qu'il
nous
a
donne:
et
au
reste
il
veut
qu'un
chacun
s'efforce,
encores
qu'il
besongne.
Mais
tant
y
a
que
c'est
luy
qui
fait
le
tout,
combien
que
nous
ne
soyons
point
comme
des
troncs
de
bois:
car
il
nous
a
donne
de
nature
une
volonte.
Or
ceste
volonte-
la
est
mauvaise:
il
la
corrige,
il
la
fait
bonne.
Mais
ii
besongne
tellement,
que
si
veut-il
que
nous
soyons
comme
gendarmes,
en
nous
efforcant
beau-
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