|
32:509
509
SUR
LE
PSEAUME
CXIX.
510
donne
sa
Parole
:
mais
cependant
nous
ne
laisserons
pas
d'estre
aveugles,
n'y
cognoissans
rien,
iusqu'a
ce
qu'il
donne
ouverture
en
nos
esprits:
car
quand
il
n'y
aura
que
nostre
sens
et
nostre
naturel
qui
gouverne,
quelle
bestise
y
aura-il
entre
les
hommes?
Voyla
donc
comme
nous
serons
mieux
instruits
a
humilite,
quand
la
doctrine
sera
bien
imprimee
en
nos
coeurs.
Tant
y
a
que
cecy
n'a
point
este
dit
en
vain,
mais
afin
que
nous
soyons
admonestez
a
l'exemple
de
David,
de
nous
presenter
a
Dieu:*
et
en
confessant
que
nous
ne
sommes
point
capables
de
rien
cognoistre,
sinon
qu'il
y
mette
la
main,
que
nous
le
prions,
que
par
son
sainct
Esprit
il
nous
ouvre
les
yeux.
Et
afin
que
cela
ne
fust
trouve
estrange,
que
David
demandoit
que
les
yeux
luy
fussent
ouverts,
il
monstre
que
ceste
sagesse
qui
est
contenue
en
la
Loy*
de
Dieu,
est
trop
haute
pour
les
hommes,
voire
combien
qu'ils
pensent
estre
aigus
et
subtils.
Et
pourtant
il
dit,
Seigneur,
ouvre-moy
les
yeux,
afin
que
ie
considere
les
merveilles
de
ta
Loy.
Pourquoy
use-il
de
ce
mot
de
Merveilles?
c'est
comme
s'il
disoit:
Combien
que
le
monde
tienne
la
Loy
de
Dieu
pour
une
chose
iegiere,
et
luy
semble
que
ce-
ne
soit
quasi
que
pour
les
idiots,
et
pour
les
petis
enfans
:
toutesfois
que
luy
l'estime
une
sagesse
qui
surmonte
tout
son
sens,
qu'il
y
a
la
des
secrets
admirables.
Autant
en
est
dit
de
l'Evangile:
et
non
sans
cause.
Et
de
fait,
ce
qui
nous
est
auiourd'huy
declaire
plus
a
plein
en
l'Evangile,
estoit
desia
contenu
en
la
Loy:
seulement
c'estoyent
des
ombrages
plus
obscurs,
qu'ils
ne
sont
pas
depuis
la
venue
de
nostre
Seigneur,
Iesus
Christ.
Mais
cependant
si
est-ce
que
ceste
sagesse
n'a
point
change,
comme
Dieu
aussi
n'est
point
muable,
ce
n'est
pas
donc
sans
cause
que
toute
l'Escriture
saincte
est
nommee
une
sagesse,
que
les
Anges
mesmes
de
paradis
ont
en
admiration.
Or
si
ies
Anges
sont
estonnez
des
secrets
contenus
en
l'Escriture
saincte,
ie
vous
prie
quelle
reverence
est-ce
qu'elle
merite
d'avoir
entre
les
hommes
mortels?
Nous
ne
sommes
que
povres
vers
de
terre
qui
rampons
yci
bas.
Si
on
fait
comparaison
de
nous
avec
les
Anges
et
que
sera-ce?
Or
voyla
les
Anges
qui
sont
ravis
en
estonnement
pour
ceste
sagesse
qui
est
en
la
Parole
de
Dieu,
et
cependant
nous
n'en
tiendrons
conte,
cependant
nous
estimerons
que
ce
soit
une
chose
basse
et
puerile.
D'autant
plus
donc
nous
faut-ii
bien
noter
ce
mot
de
David,
que
la
doctrine
de
la
Loy
n'est
pas
comme
les
hommes
la
reputent:
c'est
a
dire,
une
chose
dc
petite
valeur,
ou
une
doctrine
vulgaire,
mais
qu'il
y
a
une
sagesse
admirable,
qu'il
y
a
des
secrets
lesquels
nous
doyvent
ravir,
d'autant
qu'ils
surmontent
de
beaucoup
nostre
sens.
Mais
qui
est
cause
que
les
hommes
estiment
si
peu
la
Loy
de
Dieu,
c'est
a
dire
toute
|