20:504 Treschers freres, ie rens grace a nostre Seigneur tant de ce qu^il luy plaist daccroistre iournellement le nombre de son peuple entre vous que de ce qu'il vous entretient en la cognoissance de sa verite, apres vous y avoir une foys appellez, con obstant toutes les machinations de sathan, et toutes les resistences quil faict pour destruire ou empescher loeuvre de vostre salut. Or comme ie m'esiouis de ce qui est desia, aussi ay ie bonne esperance pour ladvenir que ce bon Dieu n'a pas commence d'espandre ainsi sur vous ses richesses pour retirer incontinent sa main. Oar il nous fault estimer que c'est le principal et le plus singulier tesmognage qu'il nous puisse donner en ce monde de son amour paternel, que de nous reveler la cognoissance de son evangile, veu que la nous pouvons contempler sa face en Jesuschrist pour estre certains qu'il nous recoit au nom diceluy et nous a pour aggreables comme ses chers enfans. Et ce instruit en la religion et prenant plaisir a faire la bonne chere a ceux qui le visitoyent, ausquels il parloit asses ouvertement de la verite, sans se mettre en danger pour cela estant chery et recherche par les plus gros de l'eglise Romaine a cause de sa bonne et friande table . . . . il ne se formalisoit point pour aucun exercice de la religion. Plusieurs de ceux qu'il avoit instruits tascherent de l'encourager a faire mieux. Mais luy au contraire se faschant d'estre repris s'esgara iusques la que de faire une theologie toute nouvelle, meslant beaucoup de choses des resveries des Libertins et finalement est mort n'estant ny chair ny poisson. Mais s'il ne servit pour soy, si fut il instrument pour en resveiller plusieurs, nommeement a Corbigny, ou se dressa depuis une belle Eglise, qui engendra celle de Vezelay et en partie celle deNevers, non sans grandes traverses dont par l'une d'icelles fut chasse Frc. Bourgoin, depuis ministre de Geneve, et mort ministre a Seant en Ote pour l'Eglise de Trois.