20:470 (Autographo sans adresse. Bibliotheque de Geneve MS. 121, fol. 10. Nous n'avons rien trouve ni sur l'auteur de cette lettre ni sur le personnage dont-il y est parle. Aussi ne Finserons-nous ici que cour ne pas omettre une piece qui pourrait avoir ete destinee a Calvin.) Treshonore Seigneur et frere. Jay leu voz letres donnees le 16 de decembre esquelles excusies nostre tardivete a respondre a certaines autres que nous avies envoyees, parce que au mois de Juillet tous deux vous avions escript. Et en mes letres avies trouve qui vous faisoit souppeconner ou penser que je fusse divise ou me mescoutasse ou accusasse la doctrine de Mr. de rochart. Il vous plaira me pardonner, mon jntention n'a pas este telle et n'en suis ou vous penses. Mais jay bien voulu et vueil tousiours maintenir lhonneur de mon ministere et ma fidelite. Or on nous avoit escript des letres communes a Monsieur mon compagnon et a moy: aux unes on nous condamnoit nimiae facilitatis, imo negligentiae, imo socordiae: voila les motz. Aux aultres plus couvertement on nous vouloit faire a croire (je ne scay qui meine ceste practique) que l'eglise estoit en partie dissipee et en grand hazart d'estre totalement ruine, et ce par nostre laschete. Or de ma part jay bien voulu donner a entendre que combien que devant moy on eut travaille que je n'estoye si lasche ny despourveu de moyen que comme ung chien muet je voulu laisser perir le troupeau, que je navoye assemble, faute de pasture ou diligence. Et que comme ceux qui escrivoient aussi en conscience que moy aussi pareillement que s'il y avoit quelque refroidissement que ce n'estoit de ma faute: mais la continuelle jmpression de la croix et des dangers qui se monstroient plus qu'au paravant disant que je les trouvoye nouveaux en ceste endroit, ce que je fais encores de present et n'estoit mon but d'en remettre la coulpe sur M, de Bochart aultrement je ne leusse charge seul mais ensemble monsieur mon compagnon qui nha telle soupecon de moy et avec lequel je suis de bon accord par la grace du seigneur. Que si luy ou autre a jnterprete mon dire autrement que ne lay entendu je n'en scaurois que faire. Au surplus Dieu ne m'a tant delaisse que par methodes ny choses plus grandes je me volu ne diviser ne bouder ne monstrer signes de telles choses singulierement devant les jnfirmes. Et de fait on scait en quel honneur et reverence jay parle et de luy et de sa doctrine et en publique et en particulier. Et comme je me suis employe ad ce que bon tesmoignage luy fut rendu estant fasche par celuy que vous n'ignores point. Ce que je neusse faict si jeusse tenu sa doctrine telle que je ne luy voulusse soubscrire, non pas que je leusse ouye mais par raport fidele. Or si on estime que je soye si variable que por changer d'opinion si legierement sans scavoir com- 30