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ne
dalmatiques,
ne
autres
habitz
de
folz
pour
se
desguiser.
Nous
adiousterons
a
sainct
Laurens,
sainct
Grervaise,
et
sainct
Protaise,
desquelz
le
sepulcre
fut
trouve
a
Milan
du
temps
de
sainct
Ambroise,
comme
luy
mesme
le
testifie:
pareillement
S.
[page
95]
Hierome
et
sainct
Augustin
et
plusieurs
autres.
Ainsi,
la
ville
de
Milan
maintient
qu'elle
en
a
encore
les
corps.
Nonobstant
cela,
ilz
sont
a
Brisac,
en
Allemaigne,
et
a
Besanson,
en
l'eglise
parrochialle
de
sainct
Pierre;
sans
les
pieces
infinies
qui
sont
esparses
en
diverses
eglises:
tellement,
qu'il
faut
necessairement
que
chascun
ayt
eu
quatre
corps
pour
le
moins,
ou
qu'on
iecte
aux
champs
tous
les
os
qui
s'en
monstrent
a
faulses
enseignes.
Pource
qu'ilz
ont
donne
a
sainct
Sebastien
l'office
de
guerir
de
la
peste,
cela
a
faict
qu'il
a
este
plus
requis,
et
que
chascun
a
plus
appete
de
l'avoir:
ce
credit
l'a
fait
multiplier
en
quatre
corps
entiers,
dont
l'un
est
a
Rome,
a
sainct
Laurens,
l'autre
a
Soyssons,
le
troysiesme
a
Piligny,
pres
Nantes,
le
quatriesme
pres
de
Narbonne,
au
lieu
de
sa
nativite.
En
outre,
il
a
deux
testes:
l'une
a
sainct
Pierre
de
Rome,
et
l'autre
aux
Iacopins
de
Thoulouse.
Il
est
vray
qu'elles
sont
creuses,
si
on
se
rapporte
aux
Cordeliers
d'Angiers,
lesquelz
[page
96]
se
disent
en
avoir
la
cervelle.
Item
plus
les
Iacopins
d'Angiers
en
ont
un
bras;
il
y
en
a
un
autre
a
sainct
Sernin
1)
de
Thoulouse
;
un
autre
a
la
chase
Dieu2)
en
Auvergne,
et
un
autre
a
Montbrison
en
forest:
s)
sans
les
menuz
lopins
qui
en
sont
en
plusieurs
eglises.
Mais
quand
on
aura
bien
contrepoise,
qu'oii
divine
ou
est
le
corps
de
sainct
Sebastien?
Mesme
ilz
n'ont
pas
este
contens
de
tout
cela,
s'ilz
ne
faisoyent
aussi
bien
des
reliques
des
fleches
dont
il
fut
tire;
desquelles
ils
en
monstrent
une
a
Lambesc
en
Provence,
une
a
Poytiers,
aux
Augustins,
et
les
autres
par
cy
par
la.
Par
cela
voit
on
bien
qu'ilz
ont
pense
de
ne
iamais
rendre
compte
de
leurs
tromperies.
Une
semblable
raison
a
vallu
a
S.
Anthoine,
pour
luy
multiplier
ses
reliques.
Car
d'autant
que
c'est
un
sainct
colere
et
dangereux,
comme
ilz
le
seignent,
lequel
brusle
ceux
a
qui
il
se
courrouce:
par
ceste
opinion
il
se
faict
craindre
et
redoubter.
La
crainte
a
engendre
devotion,
laquelle
a
aiguise
[page
97]
l'appetit
pour
faire
desirer
d'avoir
son
corps,
a
cause
du
proffit.
Parquoy
la
ville
d'Arles
en
a
eu
grand
combat
et
long,
contre
les
Anthoniens
de
Yienois;
mais
l'issue
n'en
a
este
autre
1)
Saturnini
G.
2)
case
Dieu
1543.
1544
;
Case
Dieu
1563
suiv.
;
la
Chaise-
Dieu
ed.
Lacroix.
3)
Forez
ea.
Lacroioe.
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