27:44 et toutesfois il a voulu dominer par dessus vous. Qui en est cause? Moyse l'a desia monstre. Mais il adiouste pour plus grande confirmation, Dieu a prins une affection volontaire envers ce peuple. Le premier mot dont il use, signifie quelquefois adherer, et quelquefois il signifie prendre plaisir. Or ici le propre sens et naturel est, que Dieu a prins plaisir en ce peuple, tellement qu'il s'est accointo d'une amour gratuite avec luy, car il adiouste le mot d'Aimer quant et quant. Voila donc le plaisir volontaire qui precede, et puis l'amour vient de la : et c'est pour monstrer que les hommes imaginent en vain qu'il j ait quelque cause pourquoy Dieu aime les uns "plus que les autres, sinon d'autant que son bon plaisir est tel. Moyse n'eust peu exprimer cela plus clairement, que quand it dit: C'est le bon plaisir de Dieu. Voila bien la source: mais il y a puis apres ceste amour qui vient de la. Apprenons donc qu'il faut bien que Dieu nous aime, et que nous le sentions par effect en nous: toutesfois qu'il ne faut point encores nous arrester a ceste amour. Mais afin que nous sentions mieux que c'est une amour gratuite, que nous venions iusques au plaisir de Dieu, c'esta dire, a cognoistre qu'il n'a point regarde ne ca ne la pour estre induit et esmeu a telle affection : mais qu'il a cerche la cause en soy: et d'autant que il luy a pleu, il l'a ainsi voulu. Voila donc ce que Moyse a declaire en ce passage. Or pource que nous ne pouvons pas maintenant passer plus outre, retenons seulement ceste doctrine, c'est que toutes fois et quantes qu'on nous parle de nostre salut, qu'il ne nous faut point cercher la cause ailleurs qu'en Dieu: et apres ce, qu'estans desnuez de tout bien, nous confessions que nous sommes du tout maudits, sinon que Dieu ayant pitie de nous, et nous voulant faire merci, nous retire de la malediction ou nous sommes: et d'autant qu'il nous convie et nous appelle au salut qu'il nous a acquis si cherement, nous ne doutions point qu'il ne nous y face parvenir, voire moyennant que u o us demourions fermes en son alliance. Mais d'autant que nous ne pouvons pas avoir une telle constance de nous mesmes: qu'il nous maintienne, et fortifie par son 8. Esprit: afin que, sentans en nous sa vertu, nous soyons tant plus incitez a le servir, n'estans point ingrats a une telle bonte qu'il nous a monstree. LE QUATRIESME SERMON SUR LE CHAP. X. V. 15.17. DU VENDRE Dr 13E DE SEPTEMBRE 1555. Nous avons a deduire plus au long la sentence qui fut hier commencee: c'est que Moyse declaire