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TRAICTE
DES
RELIQUES.
nance,
que
par
images
charnelles.
Eusebe
recite
bien
en
l'histoire
Ecclesiastique,
qu'il
envoya
au
Roy
Abagarus
son
visage
pourtraict
au
vif;
mais
cela
doit
estre
aussi
certain
qu'un
des
commens
des
chroniques
de
Melusine.
Toutesfois,
encore
que
ainsi
fust,
comment
[page
57]
est-ce
qu'ilz
l'ont
eu
du
Roy
Abagarus?
Oar
ilz
se
vantent
a
Rome
de
l'avoir.
Or,
Eusebe
ne
dit
pas
qu'elle
fust
demouree
en
estre
iusque
a
son
temps,
mais
il
en
parle
par
ouyr
dire,
comme
d'une
chose
loingtaine.
Il
est
bien
a
presumer
que
six
ou
sept
cens
ans
apres,
elle
soit
ressuscitee
et
soit
venue
depuis
Perse
iusqu'a
Rome.
Ilz
ont
aussi
bien
forge
les
images
de
la
croix,
comme
du
corps.
Car
ilz
se
vantent
a
Bresse
1)
d'avoir
la
croix
qui
apparut
a
Constantin.
De
quoy
ie
n'ay
que
faire
d'en
debattre
a
l'encontre
d'eux;
mais
ie
les
renvoye
a
ceux
de
Courtonne,
qui
maintiennent
fort
et
ferme
qu'elle
est
par
devers
eux.
Qu'ilz
en
plaident
donc
ensemble.
Lors,
que
la
partie
qui
aura
gagne
son
proces,
vienne,
et
on
luy
respondra.
Combien
que
la
response
soit
facile,
pour
les
convaincre
de
leur
folie.
Car
ce
que
aucuns
ecrivains
ont
dict,
qu'il
apparut
une
croix
a
Constantin,
n'est
pas
a
entendre
d'une
croix
materielle,
mais
d'une
figure
qui
luy
estoit
monstree
au
ciel
[page
58]
en
vision.
Encores
donc
que
cela
fust
vray,
on
voit
bien
qu'ilz
ont
trop
lourdement
erre
par
faute
d'intelligence,
et
ainsi
ont
basty
leurs
abuz
sans
fondement.
Quand
est
de
la
seconde
espece
des
images,
qu'on
tient
en
reliques
pour
quelques
miracles
qu'elles
ont
faict:
en
ce
nombre
sont
comprins
les
crucifix
ausquelz
la
barbe
croist.
Comme
celuy
de
Bourgues
en
Hespaigne.2)
Item,
celuy
de
S.
Salvador
et
celuy
d'Aurenge.
Si
ie
m'arreste
a
remonstrer
quelle
follie,
ou
plustost
quelle
bestise
c'est
de
croire
cela:
on
se
moquera
de
moi.
Car
la
chose
de
soymesme
est
tant
absurde,
qu'il
n'est
ia
mestier
que
ie
mette
peine
a
la
refuter.
Toutesfois,
le
povre
monde
est
si
stupide,
que
la
pluspart
tient
cela
aussi
certain
que
l'Evangile.
Ie
mets
semblablement
en
ce
rang
les
crucifix
qui
ont
parle,
dont
la
multitude
est
grande.
Mais
contentons
nous
d'un
pour
exemple,
assavoir,
de
celuy
de
sainct
Denis
en
France:
il
parla
(ce
disent-ilz)
pour
rendre
tesmoignage
[page
59]
que
l'eglise
estoit
dediee.
Ie
laisse
a
penser
si
la
chose
le
valoit
bien:
mais
encore
ie
leur
demande
comment
est-ce
que
le
crucifix
pouvoit
estre
adonc
en
l'eglise,
veu
que
quand
on
les
veut
dedier,
on
en
retire
toutes
les
images?
1)
Brixiae
G.
2)
Comme
celuy
de
Bourgues
en
Hespaigne.
Item
.
.
.
.
Ces
mots
sont
omis
dans
toutes
les
editions
francoises
apres
1544.
Ils
se
trouvent
dans
la
traduction
de
Gallasius,
ainsi
que
dans
les
deux
redactions
allemandes.
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