|
27:43
43
SERMON
LXXII.
44
loin
pour
dire:
Et
qui
sont
les
autres?
Ne
se
prisent-ils
pas
autant
ou
plus
que
nous?
Et
mesmes
s'il
j
avoit
un
iuge
tiers,
ne
les
priseroit-il
point
d'avantage?
Oar
aussi
il
y
a
beaucoup
plus
d'apparence,
et
de
grandeur,
et
de
richesses,
et
de
dignite,
et
d'honneur,
il
y
a
plus
d'advis,
et
de
prudence:
pourquoy
donc
est-ce
que
Dieu
nous
a
choisis,
et
que
cependant
il
laisse
les
autres?
Y
a-il
rien
en
quoy
nous
puissions
nous
enorgueillir?
Helas
non:
si
nous
ne
sommes
par
trop
enyvrez
en
nos
vaines
phantasies.
Mais
encores
quand
nous
ne
pourrons
pas
estre
amenez
a
ceste
raison,
apres
nous
estre
accomparez
a
tout
le
reste
du
monde,
montons
un
peu
plus
haut,
venons
aux
Anges
du
ciel
:
Dieu
ne
se
pourra-il
pas
contenter
de
ses
Anges,
sans
venir
iusques
a
nous?
Nous
ne
sommes
que
povres
vermines,
il
n'y
a
que
pourriture
en
nous,
et
Dieu
nous
veut
cercher:
il
veut
que
nous
soyons
ses
enfans,
voire
non
seulement
pour
iouyr
ici
bas
de
ses
graces,
et
de
ses
benifices,
mais
pour
nous
eslever
iusques
en
son
royaume
celeste.
Et
a
quelles
enseignes
?
Ainsi
si
nous
poisons
bien
les
mots
de
Moyse,
veu
que
nous
ne
pouvons
pas
estre
abbattus
du
premier
coup
pour
nous
venir
humilier,
que
nous
pensions
a
ce
qui
nous
est
ici
declaire:
c'est
que
les
cieux
des
cieux
sont
a
Dieu.
Oar
Moyse
amplifie
ici
les
cieux:
il
ne
se
contente
point
de
dire
Les
cieux.
C'estoit
bien
assez:
car
si
la
terre,
quelque
spacieuse
qu'elle
soit,
n'est
rien
au
prix
de
la
grandeur
infinie
des
cieux,
ce
mot
seul
Des
cieux
devroit
bien
suffire.
Mais
encores
Moyse
a
voulu
plus
exprimer,
en
disant:
Les
cieux,
voire,
les
cieux
des
cieux.
Il
reitere
trois
fois
ce
mot:
comme
s'il
disoit:
Dieu
trouvera
un
royaume
assez
large,
et
assez
grand,
et
de
telle
estendue
qu'il
ne
faut
point
qu'il
vienne
emprunter
quelque
anglet
en
ce
monde,
pour
se
loger:
il
ne
faut
point
qu'il
vienne
cercher
en
ces
cavernes
pleines
d'obscurite
dequoy
manifester
sa
gloire
:
les
hommes
ne
sont
que
vermines,
ils
sont
comme
des
grenouilles
en
la
fange,
et
au
bourbier,
et
Dieu
descendra-il
ici
bas,
pour
dire
que
sa
gloire
y
reluise?
N'a-il
point
sa
vertu
celeste,
pour
monstrer
la
haut
qu'il
a
l'empire
souverain
sur
toutes
creatures?
Faut-il
qu'il
emprunte
de
nous
quelque
chose
pour
le
faire?
Ainsi
nous
voyons
qu'il
faut
que
les
hommes
soyent
non
seulement
enyvrez,
et
abrutis
d'orgueil,
mais
endiablez
du
tout,
si
ceste
remonstrance
de
Moyse
ne
les
rend
abbattus,
cognoissant
que
c'est
raison
que
Dieu
soit
glorifie
en
tout,
et
par
tout:
et
qu'ils
ne
se
reservent
rien
qui
leur
soit
propre,
non
point
un
petit
grain
de
louange
de
leur
salut.
Or
cependant
Moyse
adiouste
ainsi:
Que
Dieu
mesmes
a
porte
affection
volontaire
a
ce
peuple,
et
Va
aime
pour
elire
sa
semence.
Il
dit:
Vostre
Dieu
a
seigneurie
aux
cieux,
et
en
la
terre
:
|