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TRAICTE
DES
RELIQUES.
ilz
ont
allegue
Vespasien.
D'avantage,
qu'on
pense
quel
iugement
a
eu
tant
le
Roy
que
[page
52]
on
appelle
sainct
Loys,
que
ses
semblables.
Il
y
avoit
bien
une
devotion
et
zele
tel
quel,
d'augmenter
la
Chrestiente;
mais
si
on
leur
eust
monstre
des
crottes
de
chievres,
et
qu'on
leur
eust
dit
:
voyla
des
patenostres
*)
de
nostre
Dame,
ilz
les
eussent
adorees
sans
contredit,
ou
les
eussent
apportees
en
leurs
navires
par
deca,
pour
les
colloquer
honnorablement
en
quelque
lieu.
Et
de
faict,
ilz
ont
consume
leur
corps
et
leur
bien,
et
une
bonne
partie
de
la
substance
de
leur
pays,
pour
rapporter
un
tas
de
menues
folies
dont
on
les
avoit
embabouines,
pensant
que
ce
fussent
ioiaux
les
plus
precieux
du
monde.
Pour
donner
encor
plus
amplement
a
congnoistre
ce
qui
en
est,
il
est
a
noter
qu'en
toute
la
Grece,
l'Asie
mineur
et
la
Mauritaine,
que
nous
appellons
auiourdhuy
en
vulgaire
le
pais
des
Indes,
on
monstre
avec
grande
asseurance
toutes
ces
antiquailles,
que
les
povres
idolatres
pensent
avoir
alentour
de
nous.
Qu'est
il
de
iuger
entre
les
uns
et
les
autres?
Nous
dirons
qu'on
a
apporte
les
reliques
de
ces
[page
53]
pays
la.
Les
Chrestiens
qui
y
habitent
encore
afierment
qu'ilz
les
ont,
et
se
moquent
de
nostre
folle
vanterie.
Comment
pourroit
on
decider
ce
proces,
sans
une
inquisition,
laquelle
ne
se
peut
faire,
et
ne
se
fera
iamais?
Par
quoy
le
remede
unique
est
de
laisser
la
chose
comme
elle
est,
sans
se
soucier
ne
d'une
part
ne
d'autre.
Les
dernieres
reliques
qui
appartiennent
a
Iesus
Christ,
sont
celles
qu'on
a
eu
depuis
sa
resurrection:
comme
un
morceau
du
poysson
rosty
que
luy
presenta
sainct
Pierre,
quand
il
s'apparut
a
luy
sur
le
bord
de
la
mer.
Il
faut
dire
qu'il
ayt
este
bien
espice,
ou
qu'on
y
ait
fait
un
merveilleux
saupiquet,
qu'il
s'est
peu
garder
si
longtemps.
3Iais,
sans
risee,
est
il
a
presumer
que
les
Apostres
ayent
faict
une
relique
du
poysson
qu'ilz
avoyent
apreste
pour
leur
disner?
Quiconques
ne
verra
que
cela
est
une
mocquerie
aperte
de
Dieu,
ie
le
laisse
comme
une
beste
qui
n'est
pas
digne
qu'on
luy
remonstre
plus
avant.
Il
y
a
aussi
le
sang
miraculeux
qui
est
sailly
[page
54]
de
plusieurs
hosties;
comme
a
Paris,
sainct
Iehan
en
Greve,2)
a
sainct
Iehan
d'Angely,
a
Diion,
et
ailleurs
en
tout
plein
de
lieux.
Et
afin
de
faire
le
monceau
plus
gros,
ilz
ont
adiouste
le
sainct
Canivet3)
dont
l'hostie
de
Paris
fut
piquee
par
un
luis,
lequel
les
povres
folz
Parisiens
ont
en
plus
grand
reverence
que
l'hostie
mesme.
Dont
nostre
1)
coronas
G,
2)
en
l'eglise
de
sainct
Iean
en
Greve
1563
suiv.
ad
Ioannis
Arenarii
Gr.
3)
sacrum
cultellum.
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