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a
si
petite
ville
ou
il
n'y
en
ayt,
non
seulement
en
l'eglise
cathedralle,
mais
en
quelques
paroisses.
Pareillement,
il
n'y
a
si
mechante
abbaye
ou
on
n'en
monstre.
Et
en
quelques
lieux,
ii
j
en
a
de
bien
gros
esclatz
:
comme
a
la
saincte
chappelle
de
Paris,
et
a
Poytiers
et
a
Rome,
ou
il
y
en
a
un
crucifix
asses
grand
qui
en
est
faict,
comme
l'on
dit.
Brief,
si
on
vouloit
ramasser
tout
ce
qui
s'en
est
[page
30]
trouve,
il
y
en
auroit
la
charge
d'un
bon
grand
batcau.
L'Evangile
testifie
que
la
croix
pouvoit
estre
portee
d'un
homme.
Quelle
audace
donc
a
ce
este
de
remplir
la
terre
de
pieces
de
boys
en
telle,
quantite
que
troys
cens
hommes
ne
le
sauroyent
porter?
Et
de
faict,
ilz
ont
forge
ceste
excuse
que,
quelque
chose
qu'on
en
couppe,
iamais
elle
n'en
decroist.
Mais
c'est
une
bourde
si
sotte
et
lourde,
que
mesme
les
superstitieux
la
congnoissent.
Ie
laisse
donc
a
penser
quelle
certitude
on
peut
avoir
de
toutes
les
vrayes
croix
qu'on
adore
ca
et
la.
Ie
laisse
a
dire
dont
c'est
que
sont
venues
certaines
pieces,
et
par
quel
moyen.
Comme
les
uns
disent
que
ce
qu'ilz
en
ont
leur
a
este
porte
par
les
Anges;
les
autres,
qu'il
leur
est
tombe
du
ciel.
Ceux
de
Poytiers
racomptent
que
ce
qu'ilz
en
ont
fut
apporte
par
une
damoyselle
d'IIeleme,
laquelle
l'avoit
desrobe;
et
comme
elle
s'en
fuyoit,
se
trouva
esgaree
aupres
de
Poytou.
Ilz
adioustent
a
la
fable,
qu'elle
estoit
boyteuse.
Voila
[page
31]
les
beaux
fondemens
qu'ilz
ont
pour
persuader
le
pouvre
peuple
a
idolatrer.
Car
ilz
n'ont
pas
este
contens
de
seduire
et
abuser
les
simples
en
monstrant
du
boys
commun
au
lieu
du
boys
de
la
croix;
mais
ilz
ont
resolu
qu'il
le
faloit
adorer,
qui
est
une
doctrine
diabolique.
Efc
sainct
Ambroise
nommement
la
reprouve,
comme
superstition
de
Payens.
Apres
la
croix
s'ensuit
le
tiltre,
que
fit
mettre
Pilate,
ou
il
avoit
escrit:
Iesus
Nazarien,
Roy
des
Iuifz.
Mais
il
faudroit
savoir
et
le
lieu,
et
le
temps,
et
comment
c'est
qu'on
Ta
trouve.
Quelcun
me
dira
que
Socrates,
historien
de
l'Eglise,
en
faict
memoire.
Ie
le
confesse.
Mais
il
ne
dit
point
qu'il
est
devenu.
Ainsi,
ce
tesmoignage
n'est
pas
de
grand
valeur.
D'avantage,
ce
fut
une
escriture
faicte
a
la
haste,
et
sur
le
champ
apres
que
Iesus
Christ
fut
crucifie.
Pourtant
de
monstrer
un
tableau
curieusement
faict,
comme
pour
tenir
en
monstre,
il
n'y
a
nul
propos.
Ainsi,
quand
il
n'y
en
auroit
qu'un
seul,
on
le
pourroit
[page
32]
tenir
pour
une
faulsete
et
fiction.
Mais
quand
la
ville
de
Thoulouse
se
vante
de
l'avoir,
et
ceux
de
Rome
y
contredisent,
le
monstrant
en
l'eglise
de
saincte
Croix,
ilz
dementent
l'un
l'autre.
Qu'ilz
se
combatent
donc
tant
qu'ilz
voudront:
en
la
fin,
toutes
les
deux
parties
seront
convaincues
de
mensonge,
quand
on
voudra
examiner
ce
qui
en
est.
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