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58:41
41
DE
IACOB
ET
ESAU.
42
reiette
du
tout:
car
il
n'a
point
en
la
fin
de
part
ne
de
portion
en
l'Eglise.
Ceci
nous
monstre
bien
que
Dieu
nous
a
voulu
tenir
convaincus,
qu'il
n'est
pas
question
de
rien
mettre
en
avant
de
nostre
coste,
et
de
nous
ingerer,
comme
si
nous
avions
quelque
valeur
et
dignite
en
nous
:
car
Dieu
n'est
point
repugnant
a
soy
:
neantmoins
il
a
voulu
ici
monstrer
comme
une
espece
de
repugnance
et
de
contrariete.
C'est
lui
qui
a
ordonne
que
le
premier
nay
de
la
maison
fust
le
chef.
Or
il
a
mis
ceste
loy:
cependant
il
la
renverse:
mais
(comme
i'ay
dit)
le
tout
s'accorde
tres
bien
:
car
Dieu
est
par
dessus
la
Loy
ordinaire,
et
cependant
il
a
voulu
changer
ce
qui
estoit
accoustume
en
la
regle
commune
:
et
il
le
fait,
afin
que
nous
cognoissions
que
ce
n'est
point
(comme
sainct
Paul
aussi
dit)
ne
du
vueillant,
ne
du
courant
:
mais
de
lui
seul,
qui
fait
misericorde
(Rom.
9,
16).
Or
quand
S.
Paul
dit,
que
ce
n'est
pas
de
celui
qui
veut
ne
de
celui
qui
court,
il
n'entend
pas
que
nous
puissions
avoir
quelque
bon
vouloir:
comme
il
le
declare
en
l'autre
passage
(Phil.
2,
13),
c'est
Dieu
qui
le
donne:
et
n'entend
pas
aussi
que
nous
puissions
nous
efforcer
:
mais
il
monstre
que
les
hommes
n'ont
rien,
et
pourtant
qu'ils
ne
peuvent
rien
porter
a
Dieu.
Il
n'y
a
donc
que
sa
seule
misericorde.
Car
si
les
hommes
avoient
quelque
chose
a
l'opposite,
il
faudroit
faire
partage,
et
savoir
ce
qui
seroit
a
Dieu
et
ce
qui
seroit
a
l'homme.
Et
alors
on
pourroit
dire,
que
nous
n'avons
pas
le
tout
de
la
misericorde
de
Dieu
:
mais
qu'il
y
a
nostre
bon
vouloir,
qu'il
y
a
nostre
course,
qu'il
y
a
le
bon
zele.
On
pourroit
ainsi
parler:
mais
sainct
Paul
veut
aneantir
ici
tout
ce
que
les
hommes
peuvent
apporter
d'eux
mesmes,
et
monstre
qu'il
n'y
a
que
la
pure
misericorde
de
Dieu
qui
domine.
Il
est
vrai
que
beaucoup
de
gens
ce
voudroient
efforcer
et
mesme
ils
alleguent
l'exemple
des
Iuifs,
qui
estoient
enflez
comme
crapaux,
d'une
arrogance
diabolique,
qui
pensoient
tenir
Dieu
comme
oblige,
et
qui
vouloient
estre
reputez
iustes
selon
leurs
oeuvres:
mais
en
cela
ils
s'abusent,
et
ne
feront
que
reculer,
au
lieu
de
s'avancer.
Car
quand
les
hommes
presument
ainsi
d'eux
mesmes,
il
est
certain
qu'ils
ravissent
a
Dieu
son
honneur.
Les
voila
donc
sacrileges,
et
ils
sont
pires
que
larrons
et
davantage,
iusques
a
ce
que
Dieu
nous
ait
renouvelez,
il
est
certain
que
quelque
belle
apparence
que
nous
aions,
il
n'y
aura
en
nous
que
toute
puantise,
nous
serons
une
vermine
abominable
devant
Dieu.
Ainsi
donc,
ne
pretendons
pas
que
nous
puissions
ne
vouloir,
ne
courir,
mais
il
faut
que
Dieu
nous
trouvant
comme
perdus,
nous
retire
de
cest
abisme-la,
et
qu'il
nous
separe
d'avec
ceux
avec
lesquels
nous
estions
perdus,
et
ausquels
nous
estions
pareils.
Car
la
condition
(comme
i'ay
dit)
du
genre
humain
est
une.
Vray
est
que
les
uns
sont
enfans
d'ire,
et
les
autres
Dieu
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