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58:40
Il
s'ensuit
donc
qu'il
a
mis
en
Iacob
ce
qui
y
est,
et
qu'il
a
laisse
Esau
tel
que
sa
naissance
le
portoit.
Voila
aussi
pourquoy
il
est
dit
en
l'autre
passage
(Ephes.
1,
4),
que
Dieu
nous
a
esleuz,
afin
que
nous
fussions
saints
et
irreprehensibles
devant
lui.
Il
ne
dit
pas,
Pour-ce
que
Dieu
a
preveu
que
nous
devions
estre
saints,
il
nous
a
esleuz:
mais
au
contraire,
il
deduit
toute
nostre
sainctete
et
iustice,
et
tout
le
bien
qu'on
trouvera
en
nous,
il
le
deduit
de
ceste
source-la,
assavoir
de
l'election
de
Dieu,
a-ce
que
nous
cheminions
en
sa
crainte,
que
nous
aions
quelque
integrite
en
nous,
que
nous
aions
quelque
zele
et
affection
de
bien
faire.
Si
cela
est,
il
s'ensuit
que
Dieu
n'a
rien'*
preveu
en
nous.
Car
ostons
T
election,
que
restera-il?
Comme
nous
avons
monstre,
nous
demeurerons
tous
perdus
et
maudits,
et
non
sans
cause
:
car
Dieu
ne
voit
en
nous
que
corruption
:
il
faut
qu'il
nous
desavoue,
et
qu'il
nous
renonce,
comme
il
est
dit,
qu'il
s'est
repenti
d'avoir
fait
l'homme.
Voila
donc
ce
que
nous
pouvons
apporter
de
nostre
coste.
Ainsi
donc,
c'est
un
badinage
trop
frivole
de
dire
que
Dieu
eslit
les
siens
selon
qu'il
prevoit
qu'ils
seront
a
l'avenir:
car
il
faut
qu'il
y
mette
le
bien,
et
qu'il
l'y
mette,
pource
qu'il
les
a
eleus.
Voila
donc
le
premier
degre
par
lequel
il
nous
faut
commencer:
c'est
assavoir,
que
nous
ne
differons
en
rien
l'un
d'avec
l'autre,
sinon
d'autant
que
Dieu
nous
discerne.
Voila
aussi
pour
quelle
raison
sainct
Paul
aneantit
toute
gloire,
laquelle
Ies
hommes
se
pourroyent
usurper.
Qui
est
ce
qui
te
discerne,
dit
il
?
Il
n'a
que
ce
mot
la,
pour
abbatre
et
aneantir
tout
orgueil.
Et
pourquoy?
Car
as-tu
rien
qui
te
soit
propre,
dit
il?
Par
cela
il
monstre
que
les
hommes
ne
peuvent
pas
choisir
leur
rang,
pour
dire,
Ie
me
disposeray
a
bien
faire
et
Dieu
aura
pitie
de
moy,
et
ie
parviendray
a
sa
grace:
i'auray
un
bon
mouvement,
i'auray
ceste
preparation.
Or
sainct
Paul
exclud
tout
cela,
en
disant
que
nous
sommes
tous
perdus,
que
pesle
mesle
il
nous
faudra
tous
estre
ruinez,
et
entrer
au
gouffre
d'enfer,
sinon
d'autant
qu'il
plaist
a
Dieu
de
nous
discerner.
Voila
d'ou
vient
toute
nostre
dignite
et
excellence:
C'est
d'autant
que
Dieu
nous
a
tendu
la
main.
Ainsi,
retenons
bien
ce
principe,
et
appliquons
toute
ceste
doctrine,
que
nous
avons
recitee,
a
ceste
fin-la,
comme
Dieu
nous
a
propose
un
miroir
en
Iacob
et
en
Esau.
Ainsi
donc,
maintenant
contentons-nous,
que
ces
deux
personnes
nous
soyent
comme
deux
images
vives,
pour
monstrer
que
le
monde
en
soy
est
d'une
condition
pareille:
mais
que
les
uns
sont
appelez,
et
les
autres
non,
pource
qu'il
plaist
ainsi
a
Dieu.
Et
notamment
(comme
i'ay
touche)
Iacob
a
este
le
puisne,
et
sembloit
bien
qu'il
deust
estre
assuietti
a
son
frere,
selon
l'ordre
de
nature:
cependant
le
voila
mis
au
degre
de
primogeniture
:
et
Esau
non
seulement
est
mis
en
bas,
mais
il
est
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