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58:39
39
SECOND
SERMON
40
ait
acquis
faveur
pour
rien
qu'il
apportast?
Il
n'est
pas
ainsi.
Voici
donc
le
texte
de
Moise,
sans
que
on
y
apporte
nulle
glose
qui
monstre
assez
que
l'eglise
procede
de
la
pure
grace
de
Dieu:
et
ainsi,
que
toute
la
louange
de
nostre
salut
lui
doit
estre
reservee
en
son
entier.
Or
cependant,
ceux
qui
voudroient
ou
renverser,
ou
obscurcir
ceste
doctrine,
disent,
Combien
que
Dieu
ne
cogneust
aucun
merite
en
Iacob:
toutesfois
si
est-ce
que
il
le
prevoioit
bien
tel
qu'il
seroit.
Voila
pourquoy
ils
disent
qu'il
Pa
choisi,
et
qu'Esau
a
este
reprouve.
Bref,
d
autant
que
beaucoup
de
canailles
n'osent
pas
nier
plat
et
court,
l'election
de
Dieu,
ils
veulent
qu'il
y
ait
une
cause
superieure,
c'est
assavoir
sa
prescience.
Et
qu'est-ce
que
ceste
prescience
?
C'est,
que
Dieu
prevoit
tel
que
chacun
doit
estre
:
et
il
esiit
(disentils)
ceux
qu'il
a
preveu
devoir
estre
d'un
bon
naturel
et
affection:
et
ce
n'est
point
de
merveille
s'il
les
accepte
par
dessus
les
autres:
car
il
cognoist
le
bien
qui
n'y
est
pas
encore,
mais
qui
y
doit
estre.
Or
telles
gens
n'ont
pas
une
goutte
de
crainte
de
Dieu
:
car
ils
blasphement
manifestement
contre
le
saint
Esprit,
qui
a
parle
par
la
boueh*e
de
saint
Paul,
et
se
moquent
de
ce
que
saint
Paul
a
dit,
comme
si
c'estoit
fable.
Car
si
on
accepte
leur
solution,
saint
Paul
auroit
parle
en
homme
ignorant
et
inconsidere:
car
il
prend
ceste
raison-la,
II
n'y
avoit
ne
bien
ne
mal
ni
en
Isaac,
ni
en
Esau,
ni
en
Iacob:
toutesfois
Dieu
en
a
esleu
l'un,
et
reprouve
l'autre.
Or
la
replique
seroit
facile,
selon
ces
fantastiques
la.
Et
comment?
Il
est
vrai
qu'il
n'y
avoit
ne
bien
ne
mal
:
mais
il
y
devoit
estre,
et
Dieu
l'a
ainsi
preveu.
Mais
saint
Paul
presupose
ce
qui
est
vrai:
c'est
assavoir
que
nous
sommes
tous
damnez,
et
que
iusques
a.
ce
que
Dieu
nous
ait
esleuz,
il
faut
que
nous
demeurions
comme
des
serpens
pleins
de
venin,
et
qu'il
n'y
ait
en
nous
que
matiere
d'ire
et
de
vengeance
de
Dieu,
que
nous
soions
tous
confus,
pleins
de
venin
et
d'iniquite.
Voila
que
c'estoit
de
Iacob,
aussi-bien
que
d'Esau.
Car
que
trouverons-nous
en
la
race
d'Adam,
sinon
toute
corruption?
Nous
sommes
donc
infects
devant
Dieu:
et
d'autant
que
la
racine
est
maudite
et
vicieuse,
qu'elle
est
toute
pourrie,
il
faut
que
les
fruits
soient
sembables.
Ainsi
donc,
quand
Dieu
nous
laissera
tels
que
nous
sommes,
il
nous
faudra
perir
iusques
a
un,
qu'il
n'en
demeurera
pas
un
seul,
que
nous
ne
soions
tous
perdus
et
abismez.
Bref,
c'est
une
doctrine
assez
commune
en
l'escriture
sainte,
que
nous
sommes
tous
enfans
d'ire.
Il
s'ensuit
donc
qu'il
n'y
a
en
Esau
et
en
Iacob
nulle
diversite,
et
que
Dieu
n'a
pas
distingue
l'un
d'avec
l'autre,
pour
ce
qu'il
y
trouvast,
et
qu'il
y
preveust
aucun
bien.
Car
que
pouvoit
il
prevoir,
sinon
ceste
masse
corrompue
d'Adam,
qui
n'apporte
autre
fruit
que
malediction?
Voila
ce
qu'il
a
preveu
tant
en
l'un
qu'en
l'autre
indifferemment.
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