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SUR
LE
DEUTER.
CHAP.
X.
38
la
Loy.
Or
ceste
reverence-la
demande
aussi
bien
l'amour.
Car
Dieu
veut
estre
honore
d'une
affection
cordiale.
Si
nous
adorons
sa
maieste,
et
cependant
qu'elle
nous
soit
terrible,
et
que
nous
en
soyons
effrayez:
nous
voudrions
qu'il
ne
fust
plus
Dieu,
pour
l'arracher
de
son
siege
s'il
nous
estoit
possible.
Tous
ceux
qui
adorent
Dieu,
sachans
bien
qu'ils
ne
peuvent
eschapper
de
sa
main,
et
qui
le
cognoissent
seulement
comme
createur:
ceux-la
(di-ie)
n'estans
point
touchez
d'une
amour
franche
fuyront
Dieu,
et
quand
ils
en
orront
parler,
ce
leur
sera
une
chose
fascheuse:
s'il
estoit
en
leur
choix
et
liberte,
ne
le
voudroyent-ils
point
(comme
i'ay
desia
dit)
arracher
de
son
siege?
Ainsi
il
est
impossible
que
nous
craignions
Dieu
sinon
en
l'aimant,
ie
di
que
nous
luy
portions
une
reverence
droite,
et
que
nous
soyons
affectionnez
envers
luy,
et
que
nous
sentions
quelle
est
sa
bonte,
et
que
c'est
la
qu'il
nous
faut
cercher
tout
nostre
bien.
Si
donc
nous
n'avons
ceste
amour,
la
reverence
aussi
sera
nulle,
elle
sera
aneantie.
Ainsi
apprenons
que
Dieu
demande
sacrifices
volontaires
de
nous,
c'est
a
dire,
qu'un
chacun
se
presente
non
point
par
force,
et
necessite,
mais
d'une
devotion
telle,
que
nous
desirions
de
le
servir,
et
que
nous
puissions
protester
avec
David,
que
non
seulement
sa
Loy
nous
est
precieuse
par
dessus
l'or
et
l'argent:
mais
qu'elle
nous
est
douce,
et
amiable
par
dessus
le
miel.
Voila
donc
qu'emporte
le
second
mot
de
Amour
qui
est
ici
mis.
Or
le
troisieme
est
le
Service:
car
si
nous
faisions
semblant
par
ceremonies
et
agios
(comme
on
dit)
de
vonloir
adorer
Dieu,
et
cependant
qu'il
ne
tirast
nul
service
de
nous,
ne
seroit-ce
pas
se
mocquer?
Si
les
hommes
declairent
que
leur
intention
est
d'honorer
Dieu,
et
qu'ils
l'aiment,
et
qu'ils
se
submettent
a
luy,
et
cependant
qu'ils
hoschent
la
teste
quand
Dieu
leur
propose
ses
commandemens:
ou
sera-ce
aller?
et
s'ils
ne
monstrent
nul
signe,
qu'on
n'appercoyve
nulle
experience
au
coeur
de
ceste
amour
dont
il
parle?
Ainsi
apprenons
qu'il
faut
manifester
par
effect,
si
nous
aimons
Dieu,
et
si
nous
le
craignons
:
et
quel
en
sera
le
tesmoignage
et
l'effect?
le
service
que
nous
luy
rendrons,
c'est
assavoir
quand
chacun
ne
fera
point
du
cheval
eschappe,
que
nous
ne
prendrons
point
licence
de
vivre
selon
nos
cupiditez,
et
nos
appettits:
mais
que
nous
souffrions
que
Dieu
domine
par
dessus
nous,
que
nous
ne
demandions
sinon
qu'il
tienne
la
bride,
et
que
nous
plions
sous
luy,
et
qu'il
nous
tourne
ca
et
la
selon
sa
bonne
volonte.
Et
ainsi
donc
nous
voyons
que
il
faut
monstrer
comment
c'est
que
nous
aimons
Dieu,
en
le
servant:
mais
pource
que
les
hommes
sont
enclins
a
forger
des
services
a
leur
poste,
et
qu'encores
se
glorifient-ils
d'avoir
servi
a
Dieu,
quand
ils
auront
suivi
leurs
folles
inventions,
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