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58:33
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DE
IACOB
ET
ESAU.
mesme
ils
sont
getneaux,
leur
mere
les
porte
d'une
ventree:
tant
y
a
que
l'un
est
deboute,
et
l'autre
est
receu:
l'un
est
esleu,
et
l'autre
est
reprouve.
Ainsi
donc
nous
voions
que
ceux
qui
ont
lieu
pour
un
temps
en
l'Eglise,
et
qui
ont
le
titre
de
fideles
et
enfans
de
Dieu,
peuvent
bien
avoir
telle
reputation
devant
les
hommes
:
mais
ils
ne
sont
pas
escrits
au
livre
de
vie,
Dieu
ne
les
recognoist
pas
ni
avoue
pour
siens.
Par
cela
nous
sommes
admonnestez
de
ne
point
nous
enorgueillir,
ni
estre
enyvrez
d'une
fole
presomption,
quand
Dieu
nous
aura
fait
la
grace
de
nous
introduire
en
son
Eglise:
mais
cheminons
en
purete,
et
avisons
de
ratifier
nostre
election,
et
d'en
avoir
le
tesmoignage
en
nos
coeurs
par
le
saint
Esprit,
et
ne
point
nous
confier
seulement
a
l'apparence
et
au
titre
exterieur,
que
nous
pourrions
pretendre
devant
le
monde.
Voila
ce
que
nous
avons
a
observer.
Et
au-reste,
nous
sommes
enseignez
d'une
chose
plus
grande:
c'est
en
premier
lieu,
Combien
que
Dieu
eust
establi
son
aliance
avec
Abraham,
toutesfois
il
a
voulu
monstrer
que
ce
n'estoit
pas
le
tout
d'avoir
offert
sa
grace:
mais
qu'il
faloit
que
il
choisit,
selon
sa
liberte,
ceux
que
bon
luy
sembleroit,
et
que
le
reste
demeurast
(Rom.
9,
10).
Et
pour-tant,
saint
Paul
allegue
ce
passage,
pour
l'appliquer
a
l'election
secrette
de
Dieu,
par
laquelle,
avant
la
creation
du
monde,
il
a
choisi
ceux
que
bon
lui
a
semble.
Or
c'est
une
matiere
haute
et
profonde
:
mais
quand
elle
sera
deduite,
chacun
en
pourra
faire
son
profit
moyennant
que
nous
y
soyons
attentifs.
Et
au
reste,
que
nous
recevions
ce
qui
nous
est
monstre
en
l'Escriture,
avec
sobriete,
que
nous
n'appetions
point
d'estre
plus
sages
qu'il
ne
nous
est
licite
:
mais
que
nous
acquiescions
a
ce
que
Dieu
nous
dira:
et
puis
que
nous
soyons
humbles,
pour
ne
point
repliquer,
et
ne
point
amener
nos
fantasies
en
avant,
comme
si
nous
voulions
plaider
contre
Dieu:
mais
qu'en
cognoissant
que
ses
iugemens
sont
un
abysme
profond,
que
nous
n'enquerions
pas
plus
qu'il
ne
nous
permet.
Or
cependant
il
nous
faut
traiter
les
choses
tellement,
que
ce
qui
semble
estre
obscur
de
prime
face,
nous
soit
rendu
facile.
Nous
avons
desia
veu
que
Dieu
avoit
choisi
la
semence
d'Abraham.
Or
si
on
demande
pourquoy,
ou
qui
Pa
induit
a
cela:
on
ne
trouvera
pas
qu'Abraham
fust
plus
digne
que
les
autres:
comme
desia
nous
avons
traite
cest
argument
assez
au
long.
Voila
donc
un
privilege
qui
est
donne
a
une
certaine
famille,
ne
procedant
point
d'aucun
merite,
ne
que
Dieu
ait
trouve
en
leurs
personnes
pourquoi
il
les
doive
preferer:
car
ils
ne
sont
point
meilleurs,
ne
plus
excellens
:
mais
il
lui
plaist
ainsi.
Or
il
est
vrai
que
cela
nous
seroit
dur
a
digerer,
si
nous
voulions
apporter
nostre
opinion:
comme
il
y
a
beaucoup
de
fantastiques
qui
ne
peuvent
recevoir
ceste
doctrine:
car
il
leur
semble
bien
qu'ils
ont
pour
repliquer
a
Calvini
opera.
Voi.
LVIII.
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