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33
SUR
LE
DEDTER.
CHAP.
X.
34
l'advenir
il
Ta
voulu
mettre
du
tout
en
oubli:
et
que
cependant
il
regarde:
Nostre
Dieu
nous
gouverne
comme
si
iamais
nous
ne
l'avions
offense,
nostre
condition
n'est
point
pire
qu'elle
estoit
auparavant,
il
n'y
a
qu'humanite
envers
nous.
Voila
pour
un
item.
Or
maintenant
nous
avons
a
recueillir
une
sentence
generale
de
ce
que
Moyse
remonstroit
au
peuple
d'Israel:
car
la
doctrine
contenue
en
la
Loy
s'adresse
aussi
bien
a
nous.
Israel
donc,
que
demande
ton
Dieu
de
toy?
Auiourd'huy
Dieu
parle
a
nous,
il
nous
propose
sa
volonte
pour
reigler
nostre
vie.
Et
a
quoy
pretend-
il?
Regardons
ce
qu'il
nous
commande,
regardons
quelle
est
l'utilite
qui
luy
en
peut
revenir.
Or
il
est
certain
que
Dieu
ne
demande
sinon
que
nous
l'aimions:
et
ne
voila
point
une
condition
que
nous
devons
elire
par
dessus
tous
les
royaumes
du
monde?
Car
si
nostre
Dieu
nous
faisoit
des
princes,
il
est
certain
qu'il
ne
nous
feroit
point
plus
grand
honneur
que
d'estre
a
son
service.
Nous
voyons
comme
ceux
qui
sont
a
leur
aise,
mesmes
gentilshommes
qui
ont
bon
revenu,
qu'encores
ils
aiment
mieux
tracasser
a
la
cour,
et
estre
au
service
du
Prince,
avoir
beaucoup
de
travail,
et
mesmes
eonsommer
leur
bien
pour
se
faire
valoir,
que
de
cagnarder
en
leur
maison,
et
vivre
de
leur
revenu
en
bon
repos.
Voila
nostre
Dieu
qui
nous
recoit,
il
nous
retient
de
sa
maison:
et
non
point
en
condition
servile,
mais
comme
ses
enfans,
il
nous
appelle
a
son
heritage.
Mais
encores
quand
il
n'y
auroit
que
cela,
qu'il
accepte
nostre
service,
de
nous
qui
sommes
inutiles
pleinement,
qui
n'avons
que
toute
corruption
en
nous:
et
neantmoins
qu'il
nous
veut
appliquer
a
bon
usage,
pour
nous
faire
vaisseaux
d'honneur,
tellement
que
nous
reluisions
en
son
Eglise,
que
nous
soyons
comme
des
perles,
au
lieu
que
nons
n'estions
qu'ordure
et
fange.
Puis
donc
que
nostre
Dieu
nous
traitte
si
humainement,
quelle
ingratitude
sera-ce
quand
nous
ne
viendrons
nous
ranger
a
luy
en
toute
obeissance?
Et
puis
quel
profit
recevra-il
de
nous
quand
nons
l'aurons
bien
servi?
En
sera-il
plus
a
son
aise?
a-il
besoin
de
nostre
aide
en
rien
qui
soit?
Mais
le
tout
revient
a
nostre
salut,
et
ne
pense
sinon
a
ce
qui
nous
est
profitable.
Malheur
donc,
et
double
malheur
sur
nous,
quand
nous
ne
serons
point
veincus
d'une
telle
bonte,
et
que
nos
coeurs
ne
seront
point
enflammez
en
une
droite
affection
de
nous
adonner
a,
nostre
Dieu,
et
qu'il
nous
gouverne,
et
que
nous
souffrions
qu'il
domine
par
dessus
nous,
et
que
nous
soyons
prests,
et
appareillez
de
plier
sous
sa
main
par
tout
ou
il
nous
voudra
tourner.
Voila
ce
que
nous
avons
a
retenir
en
ce
passage.
Et
ainsi
toutes
fois
et
quantes
que
la
Loy
nous
semblera
rude
et
aspre,
que
nous
serons
chatouillez
de
nos
mauvaises
concupiscences,
pour
nous
Calvini
opera.
Vol
XXVII.
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